De quoi l’inéligibilité de Marine Le Pen est-elle le nom ? Pour Michel Onfray, tout repose sur un déni de démocratie, et sur ses origines, en 1992, au niveau européen.
L’inéligibilité de Marine Le Pen, l’avis de Michel Onfray
"Depuis 1992, on nous vend une idée. Celle d’une Europe merveilleuse, formidable, cosmopolite, qui va supprimer la misère, le chômage, la pauvreté, les guerres, l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie. Et de l’autre côté, si on était contre, c’est qu’on voulait le racisme, l’antisémitisme etc. Il y a eu une propagande terrible. Les gens votaient sur Maastricht, mais sur très peu de points. En 2005, quand les Français ne veulent pas du traité de Lisbonne, on leur dit qu’ils ont mal voté" explique Michel Onfray au sujet du déni de démocratie.
Ce qui nous amène à l’inéligibilité de Marine Le Pen, pour le philosophe. "Marine Le Pen, c’est l’assurance vie des partisans de Maastricht. Grâce à elle et à Jean-Marie Le Pen, cela fait des années que les Maastrichtiens sont au pouvoir. C’est le même petit monde qui s’est dit qu’après avoir utilisé cet épouvantail, ce dernier était bien vivant et se retrouvait à la porte de l’Elysée. Et donc il faut le tuer" ajoute Michel Onfray.
Le projet d’un Etat total
"Il y a un projet chez ces gens-là et il faut pas sous-estimer leur nuisance et leur puissance. Il y a le projet d’un Etat total. Attali a écrit un livre qui s’appelle Demain qui gouvernera le monde. Il y a chez ces gens-là le projet d’un gouvernement planétaire. L’Europe est pensée dans cette perspective-là. Pour faire un gouvernement planétaire, il faut détruire les nations et détruire les peuples. Comme Marine Le Pen s’occupait des peuples et des nations, elle se prend une gifle dans la figure" lance-t-il encore.
"On ne veut pas faire entendre cette parole souverainiste. Et Marine Le Pen l’est modestement. Elle a pourtant montré des signes de soumission à l’Europe qui sont assez incroyables. Il va y avoir un appel, pour calmer la populace. Mais je vois mal ces gens-là changer le fusil d’épaule. Ils ont vraiment un fusil sur l’épaule. Et ils ont envie de faire ce qu’ils font depuis toujours : couper les têtes de ceux qui rappellent qu’un peuple existe et qu’il est méprisé" conclut Michel Onfray.
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