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"Vous allez prendre des prunes pour le simple fait d'exercer votre liberté de circulation"

Pourquoi les zones à faibles émissions (ZFE) ont-elles de bonnes chances d'être supprimées ? André Bercoff en parle sur Sud Radio le jeudi 27 mars 2025 avec Pierre Meurin, député du Gard (RN).

Pierre Meurin
Pierre Meurin, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

En commission, l'Assemblée nationale a voté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE).

"Vous ne pouvez pas dire aux pauvres qu'ils n'ont pas le droit de s'approcher des riches sous prétexte qu'ils ont une bagnole qui pollue trop"

Ardent opposant aux ZFE, Pierre Meurin a expliqué les raisons de son opposition. "Je demande la suppression des ZFE depuis trois ans. Hier on a donc obtenu une grande victoire, je ne m'attendais pas à cette ampleur. Les ZFE sont le résultat de deux lois : la loi d'orientation des mobilités de 2019 et la loi Climat et résilience de 2021, qui fait qu'on est passés de 12 ZFE au 1er janvier 2023 à 42 ZFE au 1er janvier 2025, avec des verbalisations au 1er janvier 2026. Donc, vous allez prendre des prunes pour le simple fait d'exercer votre liberté de circulation. À mon avis, l'indicateur de pollution relève de la paresse intellectuelle. Ils ont décidé que l'ancienneté et la motorisation du véhicule conditionnaient la pollution… ce qui est d'ailleurs parfaitement faux. En 2026, 13 millions de véhicules sont concernés par l'interdiction d'entrer dans les villes, soit un tiers du parc automobile."

https://twitter.com/SudRadio/status/1905221361238257831

Pierre Meurin estime que le projet de ZFE est incompatible avec le modèle d'aménagement du territoire que la France a choisi. "La raison pour laquelle ce sujet me tient à coeur est que les Français les plus modestes ont été repoussés des centres-villes, parce que l'immobilier est très cher. Or, avec la politique d'aménagement du territoire qui s'appelle la métropolisation, tous les services (services publics, commerces…) ont été concentrés dans les métropoles. Donc, on va dire aux Français des zones rurales, qu'on a virés des villes et à qui on a tout piqué qu'ils n'ont plus le droit d'entrer dans les villes pour accéder à ces services, qui sont quand même de première nécessité. Ça abîme fortement le contrat social. Vous ne pouvez pas dire aux pauvres qu'ils n'ont pas le droit de s'approcher des riches sous prétexte qu'ils ont une bagnole [qui pollue trop]."

"Pour rétablir les ZFE, il faut qu'il y ait quelqu'un qui ose défendre les ZFE en séance publique"

Pierre Meurin a tenu à mettre en exergue plusieurs points de droit. "Pour rétablir les ZFE, il faut un amendement de rétablissement des ZFE en séance. Il faut qu'il y ait quelqu'un qui ose défendre les ZFE en séance publique et qu'après, une majorité vote cet amendement. En voyant la majorité d'hier, je suis quand même très optimiste pour la séance publique dans 15 jours. Attention toutefois, derrière, il y a deux autres étapes : la commission mixte paritaire, parce que le texte a été modifié entre le Sénat et l'Assemblée nationale, je pense que ça devrait le faire aussi."

https://twitter.com/SudRadio/status/1905221228723397070

"Et après, vous avez le Conseil constitutionnel. Il sera amené à se prononcer sur un élément de forme et un élément de fond : la suppression des ZFE est-elle conforme à la Constitution ? Ils vont regarder si c'est conforme au droit européen. Il faut savoir que l'Europe ne demande pas de faire des ZFE. Elle demande certes aux États d'améliorer la qualité de l'air, mais elle n'impose pas les ZFE comme un moyen d'y parvenir", a poursuivi Pierre Meurin.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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