La France va devoir réorienter ses exportations vers d'autres marchés.
"L'objectif pour nos entreprises laitières est d'exporter des produits à forte valeur ajoutée"
En 2024, la France a exporté pour 342 millions d'euros de produits laitiers vers les États-Unis. "Les États-Unis sont notre troisième client hors Union européenne, après la Chine et le Royaume-Uni. C'est 25.000 tonnes de fromages qui sont exportés vers les USA. Et donc, 75% de ces exportations se font à travers des fromages. On exporte du Brie principalement, de l'Emmental, des AOP, des pâtes molles, des pâtes pressées cuites. Donc, on exporte ces produits à forte valeur ajoutée sur le continent américain", a commenté Pascal Le Brun, président du Cniel (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière) et producteur de lait dans le Calvados.
L'exportation de produits laitiers français vers les États-Unis a doublé en dix ans… "Tout à fait. L'objectif pour nos entreprises laitières, c'est d'exporter des produits à forte valeur ajoutée, qui se traduit par la valorisation auprès du producteur de lait."
"Il nous faut une réponse européenne filière par filière"
Quel est l'impact de ces droits de douane ? "Le principal risque, c'est le déséquilibre de ces marchés laitiers. C'est l'équivalent pour nous de 25.000 tonnes de fromage, c'est l'équivalent d'environ 250 millions litres de lait, qui vont se retrouver réorientés si on perd ces parts de marché. Ce sera un effet de chaises musicales à travers les différents pays, puisque ce mouvement va concerner l'ensemble des pays. Donc, chaque pays va vouloir réorienter plus ou moins quelques volumes ici ou là. Et tout ça va déséquilibrer le marché européen et mondial."
Emmanuel Macron a demandé aux entreprises françaises de geler leurs investissements aux États-Unis, le temps d'obtenir des clarifications de la part de l'administration Trump. "Ce qu'a proposé le président de la République est tout à fait fondé. À savoir d'avoir une réponse européenne, filière par filière, et bien regarder sous un angle à 360 degrés. Puisqu'on importe aussi des matières premières des États-Unis pour la production : du pétrole, du gaz naturel, du soja pour nos animaux… Il ne faudrait pas qu'on se fasse pénaliser deux fois. Il faut bien regarder de quelle manière on va riposter, parce que la riposte va se faire. Mais l'objectif n'est pas de monter les choses en escalade: l'objectif est de ramener les États-Unis à la raison, mais il nous faut une réponse filière par filière à l'échelle européenne", a réagi Pascal Le Brun.
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