Retranscription des premières minutes :
- 14h-16h, Brigitte Lahaye, Sud Radio.
- Bonjour à tous, nous sommes ensemble durant ces deux heures sur Sud Radio.
- Alors il y aurait entre 30 000 à 45 000 personnes qui se prostitueraient en France.
- Alors c'est toujours difficile de connaître exactement les chiffres.
- Bon nombre d'entre elles seraient étrangères et bien sûr la plupart sont de sexe féminin.
- Je crois que c'est à peu près 90% de femmes pour 10% d'hommes.
- Alors certains les appellent les travailleuses du sexe, expression sans doute moins stigmatisante que pute.
- Alors je rappelle que la France est abolitionniste puisque la loi de 2006 pénalise tout client qui aurait recours à des relations sexuelles tarifées.
- Bon cela dit la loi est guère appliquée.
- On va parler avec Arthur Vernon de ce sujet.
- Est-ce qu'on peut moralement vivre en vendant des services sexuels ? Alors j'évoque la prostitution mais après tout on peut parler aussi de la pornographie.
- D'ailleurs elle est actuellement de plus en plus envisagée comme trop dégradante pour les femmes.
- Et puis on pourrait essayer de comprendre si les femmes se vendent par plaisir ou par nécessité.
- Parce qu'on voit bien quand même que lorsque la femme n'a pas besoin d'argent, il est quand même plutôt rare qu'elle ait recours à des relations sexuelles tarifées.
- Mais en même temps j'oserais dire que de nombreuses femmes...
- Les femmes aiment être invitées, recevoir des cadeaux, épouser de préférence un homme qui a une bonne situation.
- Bref, tout ça est quand même assez complexe.
- Alors je ne vais évidemment pas dire que la femme est vénale.
- Mais on peut se poser la question s'il y a quelque chose d'inné ou d'acquis.
- Mais on va en parler ensemble et je vous laisse évidemment libre de penser ce que vous voulez.
- Et de réagir surtout en nous appelant au 0 826 300 300.
- Arthur Vernon, merci d'être avec nous.
- Fondateur de ce bar à fantasmes parisien, le Suite Paradise, qui se trouve à Paris dans le deuxième.
- Je crois qu'après 15 heures, une de vos suities, puisque c'est comme ça que vous les appelez, qui donc travaille dans l'érotisme.
- Alors ce n'est pas de la pornographie, mais c'est quand même montrer son corps pour exciter les hommes.
- Ces méchants hommes qui ne pensent qu'à regarder les femmes à poil.
- Oui, alors...
- D'abord, bonjour Brigitte.
- C'est de l'érotisme.
- C'est parfois aussi ce qu'on pourrait appeler de la pornographie, dans le sens où la pornographie, elle est représentée, on l'imagine au travers de vidéos.
- Mais parfois, il y a des scènes, je dirais réelles, non simulées, sur scène, qui relèveraient, si elles étaient filmées, de vidéos pornographiques.
- Donc c'est aussi une pratique pornographique.
- Ce n'est pas le cas de toutes les suities.
- Mais je pense que celle qui intervient, justement, a participé à la création d'un spectacle explicite, donc qui va très loin, à son initiative.
- Donc ce sera effectivement intéressant d'avoir ce témoignage.
- Et je reviens juste sur l'appellation « travailleur du sexe ».
- Je pense que c'est un terme, on va dire, plus global, qui inclut évidemment la prostitution, qui en France est donc interdite, puisque nous sommes abolitionnistes, comme vous l'avez indiqué.
- Alors, elle n'est pas interdite, la prostitution, mais c'est interdit d'avoir des clients.
- C'est tout le paradoxe.
- Effectivement, les prostituées ont le droit de vendre, mais les clients n'ont pas le droit d'acheter.
- C'est quand même un truc incroyable.
- Vous imaginez, si on faisait la même chose pour la drogue, on a le droit de vendre la drogue, mais on n'a pas le droit de l'acheter.
- Il y a une cohérence intellectuelle un petit peu compliquée.
- Et d'ailleurs, c'est forcément une mauvaise loi, puisqu'elle n'a pas de sens.
- On est bien d'accord.
- En tout cas, il y a le travail du sexe qui est illégal, et il y a une autre partie du travail du sexe.
- On entend par travail du sexe l'utilisation de son corps à des fins, on va dire, d'excitation sexuelle d'un public.
- C'est donc le cas pour la pornographie, qui aujourd'hui encore est légale en France, ou pour des artistes qui font du striptease dans des clubs de striptease, ou des artistes érotiques, comme celles qui sont chez nous.
-...
Transcription générée par IA