Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Le Premier ministre François Bayrou s'est montré plutôt favorable hier à une régulation de l'installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux.
- Docteur Jérôme Marty, bonjour.
- Bonjour Jean-Jacques Bourdin.
- Vous êtes médecin généraliste président de l'Union Française pour une médecine libre.
- Alors, François Bayrou faisait allusion indirectement à une proposition de loi conduite par un député socialiste qui s'appelle Guillaume Garraud, co-signé par des députés de tous bords politiques.
- Une proposition de loi dont l'article principal a été rejeté en commission parlementaire la semaine dernière.
- Mais Guillaume Garraud, le député socialiste en question, souhaite faire revenir dans l'hémicycle et en séance, cette proposition de loi qui propose de réguler l'installation des médecins.
- Mesure principale, pour s'installer en ville, un médecin devrait demander l'aval de l'agence régionale de santé.
- Vous vous battez contre cette proposition de loi, docteur Marty ? À l'évidence, oui, on se bat tous d'ailleurs et tous les syndicats sont unis.
- La profession est unie par rapport à ce problème.
- Vous savez, face à tout problème complexe, il y a toujours une solution qui apparaît simple, évidente, facile à mettre en œuvre et fausse.
- Et ça, c'est le type même de solution fausse.
- Les députés ont ce problème qu'ils sont harcelés par la population qui a voté pour eux, qui connaît d'énormes difficultés d'accès aux soins.
- Et donc, face à cette population, pour se sauver, en quelque sorte, ils leur disent qu'il n'y a qu'à les obliger.
- Sauf que cette solution est totalement fausse et qu'elle va au contraire aggraver le problème.
- L'idée de Guillaume Garraud est de repérer les territoires en souffrance et de pousser les médecins à aller s'installer.
- Ces territoires.
- Il est vrai que, docteur Marty, pour 1 000 habitants de l'heure, il y a moins de 2 médecins.
- Pour 1 000 habitants à Paris, il y a 9 médecins.
- N'y a-t-il pas là une injustice, une inégalité qu'il faut absolument résoudre ? Alors, je vous réponds avec trois réflexions.
- D'abord, la première, 87% du territoire est en difficulté.
- Oui.
- 87% du territoire.
- Oui.
- 87% du territoire.
- Les Français rencontrent des difficultés d'accès aux soins.
- En fait, il ne faut pas parler de désert, il faut parler de difficultés d'accès aux soins.
- Et l'île de France dont vous avez parlé, 97% de l'île de France est en difficulté.
- Oui.
- Donc, on voit bien qu'il n'y a pas de zone vraiment protégée.
- À Toulouse, Toulouse qui est une ville attrayante avec deux facultés de médecine, avec Airbus, avec la mer Pallouin, Méditerranée, Océan, les Pyrénées, etc.
- À Toulouse, 100 000 Toulousains n'ont pas de médecin traitant.
- Donc, on voit bien que la problématique est partout.
- Et vouloir mobiliser, vouloir obliger les médecins à s'installer est une erreur parce qu'on ne peut pas gérer une pénurie.
- Quand on nous prend l'exemple des pharmaciens, des infirmières, etc., on a mis des quotas parce que ces professions étaient trop nombreuses.
- Là, cette profession, elle n'est pas assez nombreuse.
- Si vous gérez une pénurie, en fait, vous agrandissez les trous du gruyère.
- Mais alors, comment faire ? Que proposez-vous pour pousser les médecins à aller s'installer dans des zones où les Français ont besoin de médecins, que ce soit des médecins généralistes ou spécialistes ? Les solutions...
- Les solutions sont assez simples.
- Ça va vous surprendre.
- Moi, en trois ans, je vous résous le problème.
- En fait, la médecine générale, si on parle de cette spécialité-là, est la seule spécialité qui n'a pas accès aux honoraires complémentaires.
- Vous savez, les honoraires complémentaires, c'est ce qui permet à des chirurgiens, par exemple, de prendre au-delà du tarif de la Sécurité sociale quand un acte est plus difficile, quand un acte est plus long, quand un acte est multiple, etc.
- Ils n'y ont pas accès.
- Si vous accordez cet accès aux médecins qui vont donner une journée de leur temps à un exercice dans des zones en difficulté, à ce moment-là, sur leur profession principale, sur l'exercice principal, ils accèdent au secteur 2.
- Si vous faites ça, ils vont aller faire ça.
- Et pour les autres spécialités qui ont déjà le secteur 2, vous allez créer des pôles de consultation et...
Transcription générée par IA