Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Il est 7h13, vous êtes sur Sud Radio, merci.
- Périne Goulet est avec nous, députée modem de la Nièvre, présidente de la délégation droit des enfants à l'Assemblée Nationale.
- Périne Goulet, bonjour.
- Bonjour.
- Merci d'être avec nous, Périne Goulet.
- Vous-même, vous avez été enfant placé.
- Je regardais cette étude, c'est la raison pour laquelle je souhaitais cette étude qui m'a fait réagir, je souhaitais qu'on aborde le sujet, près d'un enfant placé sur deux victimes de violences sexuelles.
- Ça paraît incroyable et insupportable, quand on entend cette réalité-là.
- Périne Goulet, d'abord, avant de développer, enfant placé, comment se retrouve-t-on ? Là, je parle à tous les auditeurs, à toutes les auditrices qui ne savent pas très bien, comment se retrouve-t-on enfant placé, Périne Goulet ? Alors, tout d'abord, pour être enfant mis sous protection ou enfant placé, ça peut arriver à tout le monde.
- Ça peut être après le décès des parents, ça peut être aussi parce que des parents sont maltraitants, ça peut être un signalement suite à des manquements vis-à-vis d'un enfant.
- Donc, ça peut arriver dans toutes les familles et dans tous les milieux professionnels.
- C'est pour ça qu'il est important qu'on regarde ce sujet-là, car vous l'avez indiqué, donc il y a une enquête qui est sortie hier.
- Alors, c'est une enquête sur huit établissements et 380 enfants.
- Donc, c'est une enquête relativement serrée, mais elle vient confirmer, les propos du défenseur des droits, en 2019, qui avait fait un rapport sur enfance et violence à la part des institutions publiques, qui vient confirmer que, comme on met ensemble des enfants qui ont été victimes, agressés, ces enfants, parfois, recommencent sur leur propre congénère, mais on a aussi des notions de survie, donc ils peuvent eux-mêmes devenir ensuite agresseurs.
- Mais au départ, n'oublions pas que tous ces enfants qui ont été mis en protection de l'enfance, eh bien, ils sont avant tout des victimes.
- Et si on veut arrêter cette spirale de la violence entre enfants, eh bien, il faut mettre en place un certain nombre de mesures dès l'arrivée de ces enfants, et c'est ça qui est un peu manquant à l'heure actuelle.
- Alors, un tiers de ces enfants présentent des comportements sexuels problématiques, mais ils sont souvent eux-mêmes victimes lorsqu'ils sont placés.
- Comment les familles sont-elles choisies ? Les familles qui accueillent ces enfants ? Oui.
- Alors, en fait, quand un enfant est enlevé à sa famille, parce que ce n'est pas possible qu'il reste dans sa famille, il est mis sous protection du département, du conseil départemental, qui a un pool de familles d'accueil, mais aussi des foyers, il y a aussi la possibilité de lieu de vie, il y a toute une panoplie de places pour accueillir ces enfants, mais ce qui manque surtout à ce moment-là, c'est une prise en charge en soins, parce que, comme vous l'avez dit, ces enfants, c'est avant tout des victimes.
- Donc, on en a toute une partie qui ont été victimes de violences physiques, mais il y en a toute une partie qui ont été victimes de violences sexuelles.
- Et on a besoin d'avoir, au-delà, parce qu'obligatoirement, un enfant qui arrive, il a un examen médical, mais il doit avoir, maintenant, on doit absolument mettre en place un examen psychologique pour voir à quel point l'enfant est atteint et mettre en place le soin.
- Or, on se rend compte que souvent, le soin est mis en place beaucoup trop tard, parce qu'il n'y a pas de place dans les centres qui peuvent accueillir ces enfants-là.
- Il faut qu'on démultiplie les formations, au niveau des psychologues, des psychiatres, sur le traitement du psychotrauma, et qu'ils aient tout de suite une prise en charge.
- Parce qu'un enfant, je vais prendre l'exemple d'un enfant, par exemple, de 8 ans, qui a été agressé sexuellement par sa famille depuis qu'il est petit.
- Dans sa tête, on se rend compte que cet enfant, il assimile l'amour qu'il a pour ses parents aux violences sexuelles.
- Donc, quand il va être amoureux, ou quand il va se prendre d'affection pour un autre enfant, quel va être son mécanisme si on ne le...
Transcription générée par IA