Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Bien, on en parle avec Benjamin Gleize. Benjamin, alors, de quoi parlons-nous ? On parle d'Eric Ciotti.
- Ah bon ? Ça vous tente ou pas ? Si vous voulez.
- Allez, après la condamnation en première instance de Marine Le Pen, Eric Ciotti a dit vouloir supprimer l'exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité.
- Ça veut dire quoi ? Alors l'exécution provisoire, tout d'abord, c'est ce qui fait que la peine d'inéligibilité s'applique immédiatement et ce, jusqu'au moment où la Cour d'appel rendra sa décision.
- Donc, en ce qui concerne Marine Le Pen jusqu'à l'été 2026, cette exécution provisoire, elle fait débat et donc, eh bien, hier, à l'Assemblée, Eric Ciotti a annoncé le dépôt d'une proposition de loi pour la supprimer en cas de peine d'inéligibilité.
- Nous observons la prise de pouvoir de l'autorité judiciaire.
- Le gouvernement des juges s'installe contre le peuple souverain.
- D'éminents juristes, pourtant opposés à Marine Le Pen, ont fait entendre...
- leur inquiétude.
- L'exécution provisoire installe une peine de mort politique.
- Monsieur le Premier ministre, notre groupe portera donc dans sa niche de juin une proposition de loi pour supprimer l'exécution provisoire pour les peines d'inéligibilité.
- Petite précision rapide, Eric Ciotti est lui-même visé pour une enquête pour détournement de fonds publics.
- Il risque donc en l'état, s'il est condamné, de se voir infliger une exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité.
- On n'est jamais mieux servi que par soi-même.
- Et j'ai vu que François Bayrou...
- François Bayrou n'est pas contre.
- Mais lui aussi, il est poursuivi pour détournement de fonds publics, non ? Oui, mais lui, en premier instant, ce n'était pas le même résultat que Marine Le Pen.
- Oui, sauf que le parquet a fait appel et qu'il est poursuivi.
- Il compte toujours poursuivir.
- Rassurez-moi, personne ne parle de supprimer la potentielle inéligibilité de certains politiques.
- On parle de suspendre l'exécution provisoire.
- Donc qui fait ? De l'inéligibilité.
- Oui, mais d'accord.
- C'est-à-dire que si l'inéligibilité n'est pas exécutée, elle est reportée.
- C'est-à-dire que chaque politique pourra se présenter à une élection.
- Mais on a aujourd'hui un processus judiciaire qui fait que vous passez par différents degrés de juridiction.
- Alors, dans ce cas-là, allons jusqu'au bout de la logique.
- On supprime les différents degrés de juridiction.
- Et aujourd'hui, on considère que la première instance, quand elle donne un avis, elle n'a pas le droit de se tromper.
- Elle est dans une justice parfaite.
- Non, ce n'est pas ça.
- C'est la raison sur le fond du dossier.
- On ne peut pas, à partir du moment où il y a différentes étapes, on ne peut pas, si vous voulez, aujourd'hui, se permettre de considérer que de ne pas aller au bout du processus.
- Aujourd'hui, plutôt que de se déclarer innocent, même quand on fait appel, on se décourt par principe coupable.
- Donc ça vient renverser totalement la chose.
- Non, puisque là, en l'occurrence, Marine Le Pen, il y a appel.
- Et si l'appel lève l'inéligibilité à l'été 2026, elle pourra se présenter en 2027.
- Pendant plus d'un an et demi quand même, il y aura une exécution.
- Elle est inéligible jusqu'à l'appel.
- Un juge s'est trompé et aura permis à quelqu'un, mine de rien, de crédibiliser.
- Nous verrons si le juge s'est trompé.
- Vous ne pouvez pas le dire aujourd'hui.
- Vous non plus, Jean-Jacques.
- Vous non plus.
- Donc aujourd'hui, on prend une décision qui n'a pas été finalement, qui n'a pas abouti après plusieurs cycles judiciaires.
- C'est anormal.
- La question qui est posée par ce débat, c'est les politiques sont-ils...
- Au-dessus des lois.
- Au-dessus des lois, sont-ils une catégorie à part ? J'ai envie de nous inviter à se fonder sur le droit.
- J'ai écouté ce matin Ludovic Fria, le président de l'Union syndicale des magistrats, qui était passionnant.
- A politique et à partisans, je voudrais le préciser.
- L'idée, c'est de dire que les politiques ne sont pas au-dessus des lois.
- Donc, ils seraient des citoyens égaux comme les autres.
- Nous sommes d'accord.
- Je vous rappelle que pour chacun des Français, donc politique inclue, suivant le raisonnement, l'appel est suspensif.
- Puisque l'appel est suspensif pour tous, pourquoi créer soudain une inéligibilité immédiatement applicable ? Donc, si on se fonde sur le...
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