Retranscription des premières minutes :
- Le petit matin Sud Radio. 5h-7h. Benjamin Gleize.
- Bientôt 6h40 sur Sud Radio. La vie en vrai. Donald Trump l'a donc annoncé mercredi soir.
- Les droits de douane vont augmenter de 20% pour l'UE. En France, dans certaines filières, c'est un véritable coup de massue, notamment pour la filière viticole. Nous sommes avec Didier Cousinet. Bonjour.
- Oui, bonjour.
- Et bienvenue sur Sud Radio. Vous êtes le président de l'association Viti, 33 collectifs de vignerons bordelais.
- Comment vous avez vécu l'annonce de Donald Trump ce matin ? Est-ce que vous êtes encore un petit peu sonné, Didier Cousinet ? Bon, écoutez, personnellement, oui. Tout le monde est sonné. Bon, ça faisait quand même longtemps qu'on attendait ça.
- C'était une annonce de 200%. Mais ça paraissait inimaginable. Mais aujourd'hui, on est quand même à 20%.
- En 2019, quand on avait le conflit...
- Le bus Boeing, en 2019, on était à 25%, ce qui avait généré des pertes énormes pour la filière de vins français, et nous particulièrement à Bordeaux.
- Et cette annonce de 20% encore aujourd'hui, c'est un coup de massue, effectivement, vu la situation dans laquelle se trouvent les viticulteurs français, en particulier à Bordeaux.
- Oui, c'était prévu 200%. Vous l'avez dit à l'origine. Finalement, c'est 20%. Mais c'est suffisant pour faire beaucoup de ravages pour la filière viticole, pour la filière des vins de Bordeaux. Les États-Unis, c'est un marché important. Ça représente quelle part des exportations pour vous ? Écoutez, avant, c'était la Chine. La Chine était l'Eldorado bordelais et français, mais surtout à Bordeaux, puisqu'on a vendu beaucoup de vins.
- Le marché français, écoutez, je vais vous donner quelques petits chiffres que j'ai en tête. En 2024, les États-Unis, c'était 30 millions de bouteilles pour 440 millions d'euros.
- Oui.
- En 2019, en France, c'était 2,3 milliards d'euros. Si on met 20%, on avait perdu 600 millions d'euros en 2019 avec cette taxe à 25%.
- Aujourd'hui, on serait aux alentours des 800 millions de pertes pour la filière 20. Donc c'est quand même énorme. C'est plus qu'un coup de masse, lui.
- C'est vraiment un attentat, quoi, si on peut dire.
- Oui. Oui. Alors on va effectivement...
- C'est vrai que c'est un terme à prendre avec des pincettes, mais ça permet de comprendre aussi dans quel état d'esprit vous êtes, Didier Cousinet, et toute la filière des vins de Bordeaux.
- Est-ce que vous avez pris un petit peu les devants ? On savait que ces annonces allaient tomber à un moment ou à un autre. Est-ce que vous avez, je sais pas, vendu un petit peu plus de bouteilles avant ces annonces ? Mais certains avaient pris les devants en essayant d'exporter le maximum avant que les taxes tombent. Mais certains containers ont été bloqués. Et là, toutes les sorties sont fermées.
- Plus personne n'a...
- Il y a eu un expédit de vins aux États-Unis de peur de devoir retourner les containers ou alors de payer des taxes énormes et de pas vendre le vin sur le territoire. Donc aujourd'hui, c'est un arrêt complet de la distribution des vins aux États-Unis.
- Arrêt complet. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun vin de Bordeaux qui va aux États-Unis.
- Non, personne ne prend le risque d'envoyer du vin avec l'épée de Damoclès qui en est au-dessus de la tête avec ses taxes à 20%.
- Donc on est dans une impasse, comme je vous disais tout à l'heure. Il y a une déconsommation de vins. Bon, on va pas revenir tout là-dessus.
- Oui.
- Avec la guerre à Nutan, la Covid, la déconsommation, le changement de consommation de la population. Aujourd'hui, on sait plus à quelle scène se vouer. On est au bout du tunnel, voilà.
- Je peux vous dire que les gens dans le vignoble sont complètement anéantis.
- Ils ne savent plus quoi faire.
- Est-ce que vous attendez quelque chose pour la suite ? En gros, Emmanuel Macron, qui réunissait les filières impactées hier, est-ce que vous avez confiance en lui ? Déjà, est-ce que vous savez ce qu'il a dit hier ? Vous venez de parler d'un mot confiance. On n'a plus confiance en personne. Ça fait 20 ans que je me bats avec d'autres syndicats, FDSEA, JIA, Confédération, Coordination, nous,...
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