Retranscription des premières minutes du podcast :
- Les Vraies Voix Sud Radio, le coup de projecteur des vraies voix.
- Je pense qu'il faut taper très fort et donc j'ai décidé quelque chose de tout à fait original que personne n'a fait depuis plus de 50 ans dans notre pays.
- On va mettre les 100 plus gros narcotrafiquants, les mettre dans une prison.
- Écoutez c'est intéressant.
- C'est vrai qu'on peut se dire que ça ressemble à une opération de communication.
- D'abord il va falloir les choisir, je ne sais pas lesquels on va choisir.
- On sait très bien que la plupart des narcotrafiquants ils sont sous nos yeux.
- Donc nous allons prendre d'abord une prison française, on va la vider des personnes qui y sont et on y mettra.
- Puisqu'on l'aura totalement isolée, totalement sécurisée avec des agents pénitentiaires particulièrement formés.
- À partir du moment où vous les mettez dans une même prison, il y a plusieurs problèmes.
- Soit il y a un bain de sang dans la prison.
- La deuxième solution, ils profitent de cette promiscuité du fait d'être tous ensemble pour former peut-être le plus grand cartel de demain.
- Et donc le ministre, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, veut regrouper 100 narcotrafiquants les plus dangereux dans une prison spécialisée dédiée à l'isotement renforcé.
- La branche française de l'Observatoire International des Prisons dénonce de la torture blanche, je cite, une atteinte aux droits fondamentaux.
- Alors parlons vrai, est-ce que parler de torture vous semble outrancier ? Et à cette question, Darmanin a-t-il raison de durcir les conditions de détention des gros trafiquants de drogue ? Vous dites oui à 94%, vous voulez réagir ? Le 0826 300 300.
- Evelyne Cyr-Marin est avec nous, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme et magistrate honoraire.
- Merci, bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Philippe Bilger.
- Pendant longtemps, tout le monde, je dirais, tous ceux qui s'intéressaient à la chose judiciaire et pénitentiaire dénonçaient cette composition hétérogène dans les prisons, le mélange humain entre les détenus coupables de choses moins graves et ceux qui avaient commis des choses gravissimes. À partir du moment où on faisait ce constat, on a un garde des Sceaux qui, en effet, pour la première fois, a décidé de prendre le problème à bras-le-corps en créant peut-être des établissements spécialisés où on mettra les narcotrafiquants avec un régime bien sûr dur, je l'admets volontiers, mais qui n'a rien à voir avec la torture, puisque, pardon, je sais que je vais faire souffrir notre excellente invitée, il faut que le régime pénitentiaire soit plus douloureux que la vie en liberté, sinon les narcotrafiquants vont se multiplier.
- Et donc, juste pour terminer, j'ai entendu qu'elle est vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme, institution que je respecte, mais je suggère que les droits de l'homme, ça peut être aussi la multitude qui est offensée, blessée, tuée par les narcotrafiquants.
- Et donc, l'établissement prévu ne me gêne absolument pas, et torture blanche ne m'apparaît pas comme un bon terme.
- Avocat de la Défense, Loïc Guérin.
- Alors, ce qui me gêne un petit peu, c'est que si je regardais à l'instant les chiffres, on est à 80, 81 000 et quelques détenus pour 62 000 places en France.
- J'ai encore une fois le sentiment, mais une fois encore, peut-être que je me trompe, que nos hommes politiques ou femmes politiques nous font un peu désbrouffe.
- C'est-à-dire qu'on réagit aux faits divers, on arrive avec une énième réforme.
- Et de manière assez intéressante, dans le discours qu'on avait là, on vide une prison pour mettre de nouveaux détenus qu'on aurait sélectionnés, triés de manière restrictive.
- On les met où, les autres ? On est déjà en surpopulation carcérale, alors qu'on travaille, au fond, pour mieux gérer la population pénitentiaire.
- Je n'ai pas de difficulté de principe là-dessus, évidemment.
- Mais en revanche, ce qui me gêne un petit peu, c'est qu'on a un peu l'impression qu'on nous fait encore un effet n'annonce, et que la réalité qui est cachée derrière, c'est la misère terrible de l'administration pénitentiaire.
- L'ancière française.
- Général Desportes.
- Écoutez, moi je crois qu'il faut agir sans faiblesse.
- Encore une fois, moi je suis totalement incompétent en termes de droit.
- Mais on ne...
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