Retranscription des premières minutes :
- Les Vraies Voix Sud Radio, le coup de projecteur des vraies voix.
- Dans quelques jours, plus aucun enfant ne franchira ce portail.
- Les quatre classes de maternelle présentes dans cette annexe vont être déplacées dans d'autres locaux de la ville de Saint-Ouen.
- En cause, le trafic de drogue implanté à quelques mètres de là.
- Au mois de septembre, on a découvert des pochons de drogue.
- Ma fille, quand je suis allée la chercher, elle m'a tendu un sachet.
- Le matin, généralement, ils sont là, les guetteurs.
- Souvent, je ne sais pas s'il y a des courses poursuite.
- Les jeunes qui vendent de la trans, en fait, ils lancent dans l'école pour se protéger.
- Ils auront jeté des bonbons de gaz.
- Il reste encore deux points de deal à Saint-Ouen.
- Ce qui prime, c'est la sécurité.
- On ne peut pas, à un moment donné, imaginer de fermer un établissement scolaire parce qu'il y aurait du trafic de drogue.
- On rénable le quartier, on aménage le quartier et justement, on lutte contre l'impact des dealers.
- Les parents d'élèves d'une école maternelle, vous l'avez entendu, de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, votaient aujourd'hui pour un éventuel déménagement de l'établissement en cause.
- Cette présence de points de deal juste à côté.
- Alors, parlons vrai. Est-ce que cette situation n'est pas le énième exemple de la faillite de l'autorité de l'État ? Et à cette question, Saint-Ouen, les dealers sont-ils plus forts que l'État ? Vous dites où ? À 93% ? Vous voulez réagir ? Le 0826 300 300.
- Laurent Zamekowski est avec nous à porte-parole de la Fédération des parents d'élèves et de l'enseignement public est avec nous.
- Merci d'avoir accepté notre invitation.
- Philippe Bilger, c'est...
- Cette histoire est absolument incurable.
- Incurable, oui.
- Et je dirais, elle représente un tout petit peu ce qui se passe en France dans le domaine de la sécurité et de la justice.
- Nous avons là un mal indiscutable.
- Et ce mal va demeurer en place alors qu'on va faire bouger le bien ailleurs.
- Malgré les protestations et pour pousser le plus loin possible le sadisme démocratique, on va demander...
- Aux populations concernées de valider leur dépossession précisément à cause du mal qui reste sur place et du bien dont on va les priver.
- Et c'est le maire, pardon, je suis très engagé sur ce plan-là, le maire de Saint-Ouen dont on parlait à une certaine époque comme une lumière de gauche qui opère cela.
- Ce qui me scandalise, c'est qu'on demande aux citoyens...
- C'est le maire de Saint-Ouen, n'est-ce pas ? Pour se donner bonne conscience de valider un scandale.
- Éric Revelle.
- Ah ben, je partage la colère du procureur.
- J'y ajoute que c'est pas la première fois, si on a un peu la mémoire un peu longue.
- Vous vous souvenez qu'il y avait une école où on mettait des bâches...
- Oui, absolument.
- À côté de la cour de récréation pour éviter que les jeunes enfants voient les types en train de se piquer avec des seringues.
- Donc en fait, c'est un recul de la République non-stop.
- Pardonnez-moi.
- C'est un recul de la République non-stop.
- Là, on parle d'enfants.
- On parle d'un trafic de drogue que plus personne n'est en mesure de juguler.
- Et puis, j'aurais aimé entendre sur le sujet, peut-être l'a-t-il fait, le ministre de l'Intérieur, Retailleau, qui est quand même très fort pour prendre la parole et pour faire voter une loi contre le narcotrafic.
- Mais concrètement, sur une situation comme celle-là, qui est concrète, qui intéresse des enfants et des parents d'élèves, eh ben, on est totalement impuissants.
- La République a les bras ballants.
- Moi, je vais vous confesser que je n'ai...
- Je n'arrive même pas à comprendre pourquoi on n'arrive pas à déloger les gens qui occupent ces endroits.
- C'est-à-dire que, vraiment, j'essaye de réfléchir très concrètement.
- Techniquement, qu'est-ce qui empêche d'envoyer des policiers qui délogent les trafiquants ou les consommateurs de drogue de ces endroits pour laisser les enfants y être ? Le manque d'effectifs, peut-être.
- Je ne saurais même pas vous le dire.
- Mais on n'a qu'à mobiliser des gens.
- Je ne sais pas, il y a eu des opérations place nette, soi-disant que ça aurait eu des effets extraordinaires...
Transcription générée par IA