Retranscription des premières minutes :
- Avec notre question du jour, un brin provoquante, évidemment, telle qu'on l'a posée sur Twitter, sur YouTube, et telle qu'on vous la pose aussi au standard de Sud Radio, le 0826 300 300.
- Faut-il forcer les médecins à s'installer dans les déserts médicaux ? Évidemment, c'est une idée qui ne plaît pas du tout.
- On va en débattre avec nos deux invités qu'on accueille avec plaisir sur Sud Radio.
- Un médecin, évidemment, Jean-Paul Hamon, bonjour.
- Bonjour.
- Bienvenue sur Sud Radio, président d'honneur de la Fédération des médecins de France.
- On est également avec notre invité, Damien Maudet.
- Bonjour.
- Bonjour, Jean-Marie Baudry.
- Et bienvenue sur Sud Radio également, député France Insoumise, Nouveau Front Populaire de la Haute-Vienne.
- Vous êtes aussi l'auteur d'un livre, Un député aux urgences, il vote contre notre santé.
- C'est publié chez Fakir, pour tous ceux qui voudraient se le procurer.
- Une proposition de loi a été adoptée en commission.
- Des affaires sociales, cette semaine, à l'Assemblée nationale, qui prévoit notamment de flécher l'installation de jeunes médecins dans les déserts médicaux.
- On dit zone tendue, c'est comme ça qu'on le dit dans le texte, en tout cas.
- Elle prévoit aussi de rétablir l'obligation de la permanence des soins.
- Qu'est-ce que ça signifie, rétablir l'obligation de la permanence des soins, Damien Maudet ? Alors déjà, il faut savoir de quoi on parle aujourd'hui.
- Les déserts médicaux, c'est un vrai fléau dans notre pays.
- Il y a 6 millions de personnes qui n'ont pas de médecin traitant, 500 000 qui sont en affection de longue durée, c'est-à-dire qui ont des maladies chroniques, qui ont besoin d'être suivies.
- Et ça concerne 90% des territoires.
- Il y a même une étude publiée dans la revue Cancer qui explique qu'aujourd'hui, si vous vivez dans un désert médical, vous doublez le risque de mourir de votre cancer.
- En tout cas, ça peut arriver plus rapidement parce que vous n'avez pas le bon suivi.
- Et il faut savoir que ça, il y a des véritables disparités.
- Vous allez chez moi en limousin, c'est moins 14% de médecins, même à Limoges, qui est pourtant la ville de l'ancienne région limousin.
- Aujourd'hui, on a perdu 30 médecins en 5 ans, que ce soit du quartier populaire à Beaubreuil ou que ce soit dans des...
- C'est la campagne, c'est la banlieue, c'est parfois les centres-villes aussi.
- Exactement, c'est parfois dans les deux cas.
- Et donc, ça peut arriver, vous allez à Chant-Nétry chez moi ou à Beaubreuil, vous allez avoir un problème de désertification médicale.
- Et aujourd'hui, quand on dit qu'il y a la régulation de l'installation, ce n'est pas forcer les médecins à s'installer quelque part.
- Ça, c'est la question qu'on l'a posée, telle qu'on l'a posée exprès.
- C'était pour mettre de bonne humeur aussi Jean-Paul Hamon qui est avec nous.
- Je veux qu'on se le dise aujourd'hui, si en plus d'ailleurs c'est un argument des médecins aujourd'hui, de dire que 90% du territoire est un désert médical.
- L'idée, c'est qu'on ne s'installe pas aujourd'hui dans les 10% qui n'en sont pas.
- Parce que même s'il y a une désertification générale, on manque de médecins parce que durant des années, on a pensé qu'on ferait des économies en baissant le nombre de médecins.
- Aujourd'hui, on manque de médecins, mais il faut quand même qu'ils s'installent là où il y a les besoins prioritaires.
- Où est-ce qu'on a trop de médecins alors aujourd'hui ? En fait, il n'y a pas d'endroits où... Enfin moi, je pense qu'à un moment, il y a trop de médecins.
- Par contre, c'est des endroits où on en manque plus qu'à d'autres endroits.
- Ou quels sont les 10% où vous ne voudriez pas que les nouveaux médecins s'installent ? Par exemple, si on regarde aujourd'hui les Hautes-Alpes, par exemple, il y a eu...
- Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas que de médecins s'installent là-bas.
- Je dis juste qu'en tout cas, c'est là où dans la classe de la démographie médicale, on en manque moins.
- Il y a eu plus de médecins qui se sont installés. Pareil, vous apprenez la côte ouest, ça peut arriver.
- Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, ce n'est pas tant...
- C'est un...
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