Retranscription des premières minutes :
- « Sud Radio Bercov, dans tous ses états, le face-à-face. » Révolution par les territoires. Il y avait longtemps qu'on ne parlait plus de révolution.
- On parlait que réforme, réforme, vous savez. Rappelez-vous Louis XVI.
- C'est une réforme, sire. Non, c'est une révolte, sire. Non, c'est une révolution.
- Là, c'est même pas révolte, mais révolution. Effectivement, une réponse française au défi du monde.
- C'est le livre que viennent de publier Frédéric Salabarou et Éric Hazan aux éditions de l'Observatoire.
- Et franchement, je l'ai reçu et je trouve que c'est important dans cette espèce de fracas des étiquettes, dans cette espèce de fracas où le monde est en train d'être bouleversé.
- Et vous en parlez très bien dans votre introduction, où les mots ont changé de sens, les sens ont changé de mots, où effectivement on voit les plaques tectoniques bouger à une vitesse assez extraordinaire.
- Vous dites alors, qu'est-ce qu'on fait, nous, là-dedans ? Qu'est-ce qu'on fait, nous, Europe ? Et surtout, qu'est-ce qu'on fait, nous, France ? Bonjour Éric Hazan.
- Bonjour André Bercoff.
- Alors, vous êtes expert en transformation numérique.
- Vous êtes donc co-auteur avec Frédéric Salabarou de cette révolution par les territoires qui vient de paraître encore une fois aux éditions de l'Observatoire, ce qu'on dit.
- Et puis, effectivement, vous posez la question, d'ailleurs, vous commencez par parler par le désarroi.
- C'est vrai que les gens ne savent plus où ils habitent, au sens presque proche du terme.
- Pertes et des repères, transformation totale de l'économie, vous remontez d'ailleurs à assez loin.
- Vous parlez du Sud global face à l'Occident, des BRICS, des USA face à l'Europe.
- Et puis, vous parlez de quelqu'un de Simone Veil.
- Simone Veil avec un W, bien sûr.
- La philosophe, et vous parlez du réenracinement.
- Et qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui ? Alors, effectivement, aujourd'hui, alors qu'un humoriste hongrois disait il n'y a pas si longtemps, Dieu a créé le monde, aujourd'hui, c'est les Chinois.
- Qu'est-ce que nous, on peut faire là-dedans ? Quelle est votre voie de sortie ? En tout cas, il n'y a pas de remède miracle.
- D'ailleurs, vous ne prétendez pas avoir un remède miracle.
- Mais vous dites, on peut faire quelque chose, l'horizon n'est pas totalement bouché.
- Alors, qu'est-ce qu'on peut faire ? Vous savez, ce qu'on a cherché à faire, c'est à comprendre comment on peut repositionner la France sur la scène économique mondiale.
- Tout en, finalement, améliorant la qualité de vie des gens.
- Et ça part d'un diagnostic et d'une conviction.
- D'abord, le diagnostic, c'est la souffrance.
- C'est le sentiment de déclassement des classes moyennes.
- C'est la perte de sens du travail.
- C'est, finalement, la relégation de ces classes moyennes dans les territoires.
- Donc, cette souffrance, finalement, on l'a diagnostiquée, comme beaucoup.
- Mais on se dit qu'il y a peut-être une opportunité historique, avec la technologie, avec les mutations du travail, d'utiliser tout cela pour redonner de l'autonomie réelle au territoire, redonner du pouvoir politique aux gens, de la proximité sur les services du quotidien, et faire en sorte qu'il y ait un vrai projet local où les gens, finalement, reprennent leur destin en main et peut-être reprennent un peu espoir en la démocratie.
- Et retrouver du sens, enfin, quelque part, c'est un peu ça.
- Absolument.
- Mais alors, justement, parce que jusqu'à présent, il faut bien dire que les choses ne sont pas allées en ce sens, vous le dites vous-même, vous l'écrivez vous-même dans votre livre, et le moins qu'on puisse dire est que de promesses de référendum aux promesses de référendum des citoyens et autres, de gilets jaunes en revendications diverses et variées, tout se passe comme si, en tout cas, les gens étaient démunis.
- Tout se passe qu'on leur dit, écoutez, attention, attention, il y a eu le Covid, il y a la guerre, ou il y aura la guerre, il y a le réchauffement climatique, il y a ceci, cela.
- Vous avez peur, restez chez vous, on s'occupe de vous.
- C'est vraiment l'inverse de ce que vous préconisez en ce moment.
- En tout cas, je ne parle pas de tel ou tel président ou autre, mais on a l'impression que tout se passe vraiment comme si on disait aux gens,...
Transcription générée par IA