Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-Jacques Bourdin.
- Avec nous, David Lissnard, maire de Cannes, président de Nouvelle Énergie, de l'Association des maires de France.
- David Lissnard, bonjour. Bonjour.
- Vous publiez « Ainsi va la France » aux éditions de l'Observatoire. Je reviendrai sur votre livre tout à l'heure, David Lissnard.
- Marine Le Pen, condamnée et inéligible pendant 5 ans, a fait appel, appel examiné probablement à l'été 2026.
- À vos yeux, est-elle une victime ? Il faut que justice soit rendue. On marche tous sur des œufs, parce que d'un côté, on ne veut pas affaiblir une institution qui est au cœur de la démocratie qu'est la justice. D'un autre côté, indépendamment de l'affaire Le Pen...
- Moi, il y a longtemps que j'écris sur la nécessité de réformer en profondeur la justice. Et il y a un problème, qui est un problème de moyens, qui est un problème d'impartialité d'une partie des magistrats, minoritaire mais importante.
- Et qu'il y a un problème de doctrine et de droit qui se contredit. Donc les faits qui ont été jugés doivent être rejugés en appel, comme c'est le cas pour tout justiciable. Et moi, je n'ai pas à les commenter. J'ai lu cette nuit les 154 pages de la décision de justice.
- Ça semble très avéré. Et parallèlement, la seule question qui légitimement pose débat, c'est celle de l'exécution provisoire.
- Ça fait débat ici, ça fait débat partout. Et c'est normal. La justice est rendue au nom du peuple français. Une décision rendue au nom du peuple français peut-elle contredire une volonté du peuple français si cette volonté était de l'élire ? Donc il faut, la seule solution, et je le dis depuis le début, et j'ai vu que c'était la doctrine qui prévalait hier, c'est que l'appel soit examiné le plus vite possible. Et ensuite, elle soit confirmée dans sa condamnation, soit infirmée. Et c'est comme cela qu'on pourra rétablir un peu de confiance. Mais il faut revoir le fonctionnement de la justice, indépendamment de l'affaire Le Pen.
- Indépendamment de l'affaire Le Pen. Parce qu'il ne faut pas oublier tout le reste.
- Vous ne vous mouillez pas, quand même. Vous êtes... Je vous dis exactement ce que je pense.
- Bon, ce que vous pensez.
- Oui, c'est bien. Alors les juges dans l'affaire Le Pen n'ont-ils pas appliqué une loi votée par le Parlement et soutenue par Marine Le Pen elle-même ? Oui, bien sûr. Vous avez raison. Mais moi, je ne suis pas commentateur ni judiciaire ni chroniqueur politique. Moi, je suis engagé dans la vie politique pour essayer d'apporter une voix, pour contribuer à redresser le pays. On en a bien besoin. Et aujourd'hui, la loi Sapin 2 qui est évoquée, elle doit s'appliquer. Vous savez, c'est la fameuse phrase du philosophe Alain.
- Résistance et obéissance. On obéit à la loi. C'est en démocratie.
- C'est indispensable. Mais on peut résister intellectuellement. Cette loi, moi, je la conteste avant cette affaire Le Pen. Parce que dans mon exercice de mandat local, je dois rendre des comptes.
- Je dois être sanctionné si je triche. C'est normal. En revanche, elle a complètement bureaucratisé et rendu hystérique une espèce de culte de la transparence tous les trois jours.
- Dès qu'on représente la ville quelque part, dès qu'on fait des déclarations, on n'en peut pas finir. Vous demandez à n'importe quelle île locale. On doit quitter les séances du conseil municipal pour des supposés conflits potentiels d'intérêts.
- C'est peut-être abstrait quand on nous écoute. Mais en réalité, c'est en train de créer une insécurité juridique, notamment pour les 500 000 élus locaux qui sont des gens honnêtes, qui bossent, etc.
- Et je crois qu'on est aussi en matière judiciaire au bout d'un système qui s'effondre. Et moi, mon sujet, c'est de participer au rétablissement du pays.
- Bien. Le nom d'une magistrate jetée en pâture. Des magistrats menacés et qui doivent être protégés.
- N'est-ce pas là aussi, ou encore, comme vous voudrez, une atteinte grave à notre démocratie et à l'état de droit ? Je pense que de toute façon, dès qu'on jette personnellement en pâture et qu'on ne reste pas sur du factuel, c'est grave. Oui, je le pense.
- Je pense aussi que parallèlement, quand...
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