Retranscription des premières minutes :
- Les Vraies Voix Sud Radio, le grand débat du jour.
- Jordan Bardella, le président du RN, s'est déplacé en Israël pour se recueillir sur les lieux des attaques du 7 octobre 2023, notamment au Festival Nova et dans plusieurs kibbutz.
- Il a décrit cette invitation comme un moment historique et a affirmé que son parti constitue un rempart pour les Français juifs face aux dangers islamistes.
- Ce voyage s'inscrit dans une démarche visant à renforcer les relations du RN avec la communauté juive et à redorer son image à l'international.
- Cependant, certaines organisations comme l'Union des étudiants juifs de France remettent en question l'authenticité de cette posture en raison des antécédents du parti.
- Alors parlons vrai, est-ce que cette visite est un tournant dans l'histoire du RN ? Et à la question Bardella en Israël, le RN a-t-il tourné la page du FN ? Vous dites oui à 81%, vous voulez réagir ? Le 0826 300 300.
- Et pour en parler, nous sommes avec Luc Rouban qui est politologue, directeur de recherche CNRS au Cevipof et auteur du livre « Les ressorts cachés du vote RN » aux presses de Sciences Po.
- Mais avant ça, un tour des vraies voix.
- Philippe Bilger.
- Il est intéressant de voir pourquoi certaines organisations juives, par exemple, ne considéreront jamais que la dédiabolisation opérée par Marine Le Pen et concrétisée par de multiples signes, inutiles de les rappeler, n'est jamais sincère.
- Et moi, ce qui m'intéresse, c'est de voir pourquoi, au fond, beaucoup qui devraient se réjouir de l'évolution positive du RN continuent à considérer qu'il est demeuré le même.
- Et je me demande si ça n'est pas parce que cette attitude leur permet un confort intellectuel et politique.
- Je veux dire par là qu'à partir du moment où on croit la dédiabolisation du RN, on est obligé de lui opposer un discours politique cohérent.
- On ne peut plus...
- On ne peut plus se contenter d'une stigmatisation morale.
- Et ça, c'était tellement commode avant.
- Françoise de Gouin.
- Le discours politique, il est tout simple.
- Vous ne donnez pas tous les arguments de l'Union des étudiants-justes de Furent.
- Je vais vous donner un argument.
- Vous avez à l'Assemblée nationale, aujourd'hui, des députés du Rassemblement national, qui, dans leur vie d'avant, il n'y a pas si longtemps, tenaient des librairies négationnistes.
- Il y en a un.
- Non, mais il n'y en a pas qu'un.
- Mais bien sûr, évidemment, regardez l'ensemble des candidats investis pendant les législatives.
- Donc, moi, je veux bien qu'on m'explique que le RN...
- D'abord, 80% des Français considèrent, dans un dernier sondage, qu'il l'est encore.
- Ça, c'est le premier point.
- Le deuxième point, c'est que la communauté juive, elle est instruite par l'histoire.
- Je vais vous expliquer, par exemple, qu'en Italie, il y a la même tentative de la part de Giorgia Meloni.
- Et que vous avez la communauté juive italienne, qui est la plus vieille du monde méditerranéen, qui a un pas de recul.
- Pourquoi ? Parce que le dernier qui a fait ça s'appelle Benito Mussolini.
- Vous comprenez bien que l'ensemble des conseillers de Benito Mussolini, quand il prend le pouvoir, la moitié sont juifs.
- Et tout le monde se dit...
- Effectivement, voilà, ça avance, on croit à ses idées, etc.
- Et évidemment, les juifs italiens sont déportés dans des proportions aussi fortes que les juifs français.
- Donc, instruit par l'histoire, l'idée est qu'un parti d'extrême droite, quand il est fondé, il ne change jamais ses fondations.
- Il peut changer sa façade, sa peinture.
- Mais la réalité, c'est que, pour moi...
- Mais non ! C'est pas un confort intellectuel ! Je vous argumente sur l'histoire et sur la réalité du RN aujourd'hui.
- Moi, je veux bien que Jordan Bardella et Marine Le Pen comptent fleurettes à la communauté juive.
- Ça n'est pas mon sujet.
- Dans les faits, vous avez encore des négationnistes, vous avez encore des néo-nazis en assistant parlementaire au Rassemblement national, au Parlement européen.
- Donc, stop la cavalerie.
- Mais vous pourriez épurer, vous, radicalement, un parti LFI, par exemple ? Mais moi, je m'en fiche.
- Ce n'est pas mon sujet.
- Je n'épure pas LFI, pas plus que j'épure le Parti communiste.
- Le Parti soviétaliste n'a pas ce...
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