Retranscription des premières minutes :
- Les vraies voix sud radio, le grand débat du jour.
- Il souhaitait organiser une soirée de rupture du jeûne dans une salle de l'université.
- L'événement avait été annoncé sur les réseaux sociaux et devait avoir lieu les 25 et 26 mars.
- Oui, j'étais à moitié surpris parce que ça fait deux ans qu'on a des mouvements pro-palestiniens qui se disent anti-sionistes.
- Mais la différence entre l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme chez eux, c'est une feuille de papier à cigarette.
- Et là, ils ont décidé de venir interrompre mon cours.
- Un cours d'ailleurs qui n'avait absolument rien à voir avec la Palestine.
- C'était le voisinage de l'Union européenne, je dois le préciser.
- Fabrice Balanche de l'université Lyon 2, pris à partie, conspué, traité de sioniste.
- Et de raciste en plein amphithéâtre, il s'est opposé à la tenue d'une soirée de rupture du jeûne du ramadan dans les locaux de l'université.
- Alors parlons vrai, est-ce que la politisation des universités en France, elle penche à gauche ou à droite ? Et à cette question, faut-il imposer la neutralité politique dans les universités ? Vous dites oui à 94%. Vous voulez réagir ? Le 0826 300 300.
- Et Fabrice Balanche est donc avec nous, géographe, maître de conférence à l'université Lyon 2 et auteur de « Les leçons de la crise syrienne ».
- Nos éditions Odile, Jacob.
- Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, Fabrice Balanche.
- Philippe Bilger.
- D'abord, je voudrais rendre hommage aux maîtres de conférence qu'on a l'honneur d'avoir quasiment parmi nous.
- Il faut du courage.
- Deuxième observation, le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui, il faut même plus que du courage pour faire appliquer avec une sorte d'héroïsme les règles fondamentales de la neutralité universelle.
- C'est tout de même extraordinaire.
- Et dernière observation, c'est le fait que je suis évidemment très pessimiste sur ce plan.
- Il y a tellement d'instances, d'institutions qui sont gangrenées par une politisation que je crains qu'en réalité, le reflux ne puisse plus se produire.
- Je pense notamment aux judiciaires avec le syndicat de la magistrature et d'autres institutions.
- Emmanuel Brunovic.
- Le parallèle est très bien trouvé.
- Mon cher Philippe, entre ce qui se passe dans les universités, c'est-à-dire la politisation des actions, des enseignements ou des luttes politiques que l'on trouve à l'université et dans le domaine judiciaire.
- Nous avons vécu un lundi noir judiciaire.
- Et donc, cette politisation de ce qui fait la République, de ce qui constitue la France et notre unité de demain, ne peut pas continuer à se briser comme cela.
- Oui, il est important, nécessaire, majeur d'interdire l'entrée de la politique comme de la religion.
- Dans l'université ou dans la justice, c'est notre devenir commun qui en dépend.
- René Chiche.
- Alors, d'abord, tout mon soutien à M. Balanche pour que les choses soient claires.
- Et même ici, absolument.
- Le mien aussi, je ne l'ai pas dit, mais je le pense aussi.
- Le nôtre, le nôtre.
- Et je me souviens aussi que j'avais eu un débat très houleux avec une étudiante, je ne sais pas si vous venez à Sciences Po, qui bloquait pendant les événements.
- On s'était même carrément...
- Par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec vos arguments.
- Et je réponds, non, on ne peut pas imposer une neutralité.
- Dans les universités, une neutralité politique.
- D'abord, on n'a pas le droit.
- Les seuls qui peuvent être soumis à une neutralité, laissez-moi terminer, une neutralité, ce sont les agents.
- Les agents de l'université, vous voyez, ou les chefs d'établissement.
- Mais on ne peut pas baïonner, parce que c'est vraiment, ce serait l'expression.
- Si vous voulez imposer une neutralité politique ou syndicale à des étudiants, c'est une façon de les baïonner.
- Ce n'est pas possible.
- On a souvent dit, en plus, même si j'exécre le comportement des étudiants qui se sont comportés avec M. Balanche, attention, que je sois clair.
- On ne peut pas...
- Les étudiants peuvent avoir, qu'on soit d'accord ou pas avec eux, une conscience politique, une liberté politique, une liberté syndicale.
- Et d'ailleurs, souvent, je vous signale que le syndicalisme étudiant ou le syndicalisme politique dans les universités a été quand même l'avant-cour ou la cour d'hommes politiques, ensuite, qui se sont un petit peu entraînés avec le syndicalisme.
- Que...
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