Retranscription des premières minutes :
- Et nous sommes maintenant là pour aussi parler politique avec Arlette Chabot. Bonjour, Arlette.
- Bonjour à vous tous et toutes.
- Parce qu'il y a eu deux événements dans la semaine. Ah oui. Un gros événement.
- Marine Le Pen et Donald Trump. Tiens. D'ailleurs, je les mets ensemble. Mais volontairement, puisque Donald Trump...
- Ah bah j'allais vous le dire. Cette nuit, vous avez vu ça ? Voilà. Bien sûr. Bien sûr. Bien sûr. Il est venu au secours. Libéré Marine Le Pen.
- A mis en grosse lettre sur son réseau social Donald Trump. Libéré Marine Le Pen. Comme si elle était en prison.
- Elle n'est pas en prison, Marine Le Pen. Un appel a été engagé. Dimanche, il y a cette manifestation de soutien à Marine Le Pen.
- La semaine, dites-vous, très mauvaise pour la présidente du Rassemblement national. Pourquoi ? Très mauvaise, évidemment. Et surtout parce qu'elle constitue un grand bond en arrière pour le Rassemblement national.
- Première faiblesse, l'impréparation apparente. Marine Le Pen pouvait-elle imaginer que les juges allaient la déclarer innocente ? N'avait-elle jamais imaginé une seconde que les magistrats allaient plutôt confirmer le contenu du réquisitoire du procureur avec l'exécution immédiate de la peine ? Finalement, il semble que ce n'est pas été le cas. Alors ce soupçon d'amateurisme, c'est pas la première fois qu'on le colle.
- Au Rassemblement national, vous vous souvenez, tiens, politiquement, aux élections législatives, il y avait un plan Matignon qui devait accompagner la victoire de Jordane Bardella aux législatives. Eh bien on s'est aperçu que ce plan, il avait de sérieuses failles, à commencer par la qualité ou la non-qualité d'un certain nombre de candidats qualifiés de brebis galeuses par le même Jordane Bardella.
- Deuxièmement, la stratégie de dédiabolisation en a pris un sérieux coup quand Marine Le Pen, en colère, a dénoncé le système, la bombe nucléaire qui a été sortie pour l'abattre. Système, ça vous rappelle rien ? Mais si, bien sûr, Jean-Jacques, c'était le mot préféré de Jean-Marie Le Pen.
- Oui, c'est vrai. Le système, les partis politiques, la presse, les magistrats qui voulaient l'abattre. Rappel, en 1998, lui aussi avait été condamné à une peine d'illégibilité.
- Et il avait dénoncé la machination judiciaire. Cette semaine, on a plutôt parlé au RN d'un carteron de magistrats.
- Les généraux poutchistes dénoncés par De Gaulle en Algérie, pour ceux qui ont un petit peu de mémoire. Voilà. La normalisation est mise...
- Carteron que Jean-Marie Le Pen soutenait, hein. Absolument. Évidemment. N'oublions pas, quand même.
- Voilà. La normalisation semble un peu mise entre parenthèses. Et les attaques contre les juges ne sont pas forcément habiles quand on va être jugé en appel dans quelques mois.
- Et puis vous le disiez, il y a quand même quelque chose d'extraordinaire. Ce sont les soutiens très encombrants.
- Oui. Qui a réagi en premier à l'annonce de la condamnation ? Oui. Le Kremlin. Communiqué du Kremlin. Ensuite, on a eu Bolsonaro. Et pour la deuxième fois, effectivement, Donald Trump apporte son soutien à Marine Le Pen.
- Avouez franchement que le jour où on commence à évaluer très sérieusement les conséquences économiques pour la France, pour les entreprises françaises, les décisions de Donald Trump, franchement, c'est pas terrible.
- Oui, c'est pas terrible. D'autant plus que Marine Le Pen a fait du protectionnisme elle-même. Rappelons-nous l'un de ses chevaux de bataille. Sujet tabou.
- Maintenant, Marine Le Pen probablement ne pourra pas se présenter à la présidentielle. Enfin nous verrons bien, mais ça paraît très difficile.
- La succession, sa succession, remplacement par Jordan Bardella. Il n'y a pas d'autre plan.
- Quand même, c'est compliqué. Marine Le Pen avait une bonne idée, au fond. Constituer un duo avec Jordan Bardella, un successeur intronisé à la tête du parti.
- Bien sûr.
- Oui.
- Ça victoire à elle à l'élection présidentielle.
- Alors officiellement, le duo existe toujours. C'est ce que dit Marine Le Pen. C'est ce qu'affirme et confirme Jordan Bardella, qu'il n'arrête pas d'exprimer sa fidélité et sa loyauté à Marine Le Pen, à laquelle il doit tout. C'est ce qu'il dit.
- Oui.
- Et c'est ce qu'il répète.
- Oui, et enfin, il l'exprime beaucoup, hein.
- Voilà, mais seulement le remplacement de Marine Le Pen par Jordan Bardella, c'est effectivement devenu...
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