Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Bien, vous réagissez évidemment sur les sujets d'actualité.
- Je vais prendre Mona, qui est autiste Asperger.
- Alors, c'est très intéressant parce qu'aujourd'hui, c'est la journée mondiale de l'autisme et contre l'autisme.
- Enfin, de l'autisme, il faut expliquer ce que c'est.
- Sans cesse expliquer ce que c'est et non pas avoir peur parce que beaucoup se cachent quand on parle d'autisme.
- Mona, bonjour.
- Bonjour.
- Je suis content de vous avoir, vous êtes autiste Asperger.
- C'est la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme.
- Parlez-nous de l'autisme, pour que ça soit moins tabou.
- Oui, voilà, et je vous remercie, vous, M. Bourdin et Sud Radio, de penser à cette journée, déjà.
- Oui.
- Et c'est vrai que c'est très difficile parce que c'est un handicap invisible.
- Et la grande difficulté réside dans le fait que ce soit invisible.
- Oui.
- On a dans l'autisme le syndrome d'Asterger, qu'on appelle aussi l'autisme de haut niveau.
- Oui.
- On a des compétences, des facultés intellectuelles intactes.
- Le langage, on l'utilise aussi normalement.
- Mais la principale difficulté, c'est dans les interactions sociales.
- On ne comprend pas, un petit peu pour vous donner… un exemple, c'est comme si vous fonctionnez sur un logiciel Apple et moi sur Android.
- Il n'y a pas de mieux ou de moins bien, mais les deux logiciels sont rarement compatibles, ne sont pas compatibles.
- C'est-à-dire que les interactions sociales, les codes sociaux, la manière de se comporter en société, tout ça, on ne le comprend pas.
- Alors non, c'est pas une maladie, ça ne se soigne pas.
- C'est un handicap de naissance.
- Beaucoup de gens confondent et pensent que c'est un trouble psychiatrique ou un trouble psychologique.
- Pas du tout.
- C'est un trouble neurodéveloppemental qui peut être accompagné par des éducateurs spécialisés, par des professionnels.
- Il manque de professionnels.
- La plupart des médecins généralistes en France n'ont aucune formation sur l'autisme.
- Pourtant, ils en voient dans leur cabinet.
- Mais dans la faculté de médecine, aujourd'hui, quelqu'un qui fait médecine n'a pas de formation dessus.
- Mona, au quotidien, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Eh bien, c'est difficile.
- Les difficultés, justement, du fait que si j'avais un handicap visible, quand on a un handicap visible, il y a quand même beaucoup de gens bienveillants qui font attention de ne pas bousculer, de ne pas… quelqu'un en fauteuil, on va faire attention de ne pas le bousculer, de lui tenir la chance d'un supermarché, des choses.
- Et justement, comme on ne le voit pas, on attend de nous… C'est de l'incompréhension.
- Moi, par exemple, déjà dans ma famille, dans le premier cercle de relations, j'ai été exclu totalement de ma famille au sens large, cousins, cousines, frères et sœurs, parents, parce qu'ils ne comprennent pas ma manière différente de fonctionner.
- Pourtant, c'est subtil, c'est des petites choses, c'est des… Je suis aussi hypersensible au bruit et à la lumière.
- Par exemple, je porte tout le temps des lunettes de soleil, même en hiver, même dans des endroits sombres, parce que mes yeux sont hypersensibles à la lumière.
- Ça, ça peut être pris pour une coquetterie ou pour quelque chose qui n'est pas socialement adapté.
- Et quel gâchis, souvent, parce qu'on a souvent un énorme potentiel, on a ce qu'on appelle des intérêts restreints, c'est-à-dire que moi, je m'intéresse à la photographie.
- J'ai fait une école de photographie, c'est une passion.
- J'aimerais beaucoup réaliser une exposition, mais c'est très compliqué parce que dès qu'il faut contacter un lieu pour exposer, dès qu'il faut rentrer en contact avec les autres, ça va… Il y a aussi une fatigabilité.
- Par exemple, pour donner un exemple très concret pour comprendre, je vous remercie énormément de cette invitation ce matin.
- Le fait de parler avec vous, je vais mettre 5 heures à me remettre.
- Je vais être épuisé.
- Je prends dans mes réserves pour pouvoir avoir la conversation normale, mais ça me demande de m'adapter, de me suradapter.
- Et derrière, il va y avoir un coup, ça va être un épuisement d'avoir parlé un quart d'heure.
- Je comprends, Mona. Je comprends.
- Vous êtes à Perpignan. Vous avez...
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