Retranscription des premières minutes du podcast :
- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité, pionnier de la télévision culturelle européenne.
- Vous êtes à l'origine du premier canal européen dans les médias.
- Vous en avez ensuite découvert un autre, un canal historique, mais en Chine.
- Et vous le racontez aujourd'hui dans un livre. Bonjour Jérôme Clément.
- Bonjour.
- Alors, vous publiez La Chine de Mao à Xi Jinping aux éditions de l'Archipel.
- On va en parler tout à l'heure, parce que c'est votre dernier livre.
- Mais votre parcours est passionnant, et on va l'évoquer selon le principe des clés d'une vie, à travers des dates clés.
- Et ces dates clés, je les ai trouvées un peu partout.
- Et la première que j'ai trouvée, c'est le 21 janvier 2009, la sortie de ce film.
- Tu regardais les infos aujourd'hui ? Plus tard, tu comprendras un film inspiré de vos jeunes années pendant la guerre, et un film qui a été très important pour vous, Jérôme Clément.
- Oui, en fait, c'est plutôt un livre sur ma mère.
- C'est l'histoire de ma mère, qui était juive russe, et qui a eu à subir des persécutions pendant la guerre.
- Moi, je suis né après la guerre, mais ma mère a perdu ses parents, mes grands-parents, qui sont morts à Auschwitz en 1944.
- Et j'ai découvert cette histoire assez tardivement, après sa mort, parce qu'elle n'en parlait pratiquement jamais.
- Et ça m'a beaucoup...
- Évidemment, c'était effectivement un moment très important, pour moi, parce que j'ai découvert toute une partie de mon histoire, une histoire familiale, que je ne connaissais très mal.
- C'était une zone grise.
- Et j'en ai tiré un livre, qui a ensuite été adapté au cinéma par Amos Guitail.
- Exactement.
- Alors, au départ, ce livre, c'est né justement de cette découverte.
- Mais il faut savoir qu'à l'époque, dans les familles, même ceux qui avaient subi le pire pendant la guerre n'en parlaient pas.
- C'était trop près.
- On n'était pas encore dans l'histoire.
- Et c'est vrai que vos grands-parents maternels ont été parmi les derniers...
- à être arrêtés par la Gestapo.
- Oui, ils s'étaient réfugiés.
- Mon grand-père était fourreur, comme beaucoup de juifs russes.
- Et il avait très bien réussi.
- Et il s'était très bien intégré à la société française.
- Il est parti se réfugier dans le Lot.
- Et ils ont été arrêtés dans le Lot, dans un petit village qui s'appelle Salviac.
- Et à la fin de la guerre, en avril 1944, vous voyez, quelques mois avant la libération de Paris, et ils ont été ensuite emmenés en Adrancie, d'Adrancie à Auschwitz.
- Et ils ont été gazés en arrivant.
- Le 1er mai 1944.
- Et il se trouve que l'Auschwitz, finalement, dans les premières années de la guerre, on n'en parlait pas.
- On ne savait pas très bien ce qui se passait.
- Et c'est quelqu'un qui s'est évadé d'Auschwitz, qui a fait une lettre, qui est passée à Radio Londres, en 1943.
- Et c'est comme ça qu'on a véritablement commencé...
Transcription générée par IA