Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Les clés d'une vie, celles de mon invité.
- Vous avez beaucoup écrit pour le cinéma, sans jamais en faire.
- Vous êtes un homme de l'ombre qui aujourd'hui signe un roman se déroulant au temps où Paris est devenue la ville lumière.
- Bonjour Jacques Forjas.
- Bonjour.
- Alors, on connaît votre nom, mais on ne connaît pas votre parcours qui est assez particulier dans le cinéma-littérature.
- Publiez un roman, Le fantôme de Versailles chez Albin Michel, qu'on va évoquer, car c'est l'histoire de l'invention de la police moderne, en même temps qu'une enquête policière.
- Mais vous avez effectivement ce parcours assez particulier de l'homme de l'ombre, car vous avez beaucoup écrit, mais quand je dis sans jamais en faire, c'est que vous êtes assez anonyme dans tout ce que vous avez fait.
- Donc, un petit peu quand même.
- Un petit peu, oui.
- Donc, on va aujourd'hui vous mettre en lumière à travers des acclés.
- Et la première que j'ai trouvée, c'est le 15 avril 1982, sortie de votre premier roman qui s'appelait Caméra Carnage.
- Oui.
- C'était un roman policier, je crois.
- C'était un roman policier qui avait été publié à l'époque par Fleuve Noir.
- Ça appartenait un petit peu à une mode des polars de l'époque, qui étaient les néopolars.
- C'est-à-dire ? C'est-à-dire, c'était des polars assez violents, avec des connotations souvent politiques, extrémistes.
- Et j'avais bien aimé écrire ce roman policier qui se passait aux Etats-Unis.
- Oui.
- Et qui se passait, pour ainsi dire...
- Et qui se passait, pour ainsi dire, vraiment précisément à Hollywood.
- Et j'avais repris l'idée, je ne sais pas si vous vous en souvenez, c'est assez lointain même dans l'esprit de ceux qui écoutent, mais c'était à l'époque où il y avait eu des otages américains qui avaient été faits prisonniers à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran.
- Oui.
- Et on se souvient que les Américains, les services spéciaux, avaient organisé une opération pour essayer de libérer les otages américains.
- Et ça avait été un fiasco total.
- Et alors, j'avais imaginé...
- J'avais imaginé une grosse colère des politiques de l'époque qui ne comprenaient pas du tout ce fiasco et qui avaient dit « On ne comprend pas, on est capable de faire la guerre des étoiles, on est capable de faire en compte du troisième type, E.T.
- Et on est lamentable pour organiser ce que... Vous ne pouvez pas me construire un scénario, vous les grands scénaristes et vous les réalisateurs américains, donc c'était Lucas, Spielberg, Coppola, pour imaginer une situation où on pourrait sortir de là les otages. » Et c'était ça le polar.
- C'est fou, hein ? Et ça marchait.
- Parce que la vraie histoire, c'est que les Américains ont fait une opération où ils ont été dans un désert.
- Et après, les hommes qui devaient intervenir n'ont pas pu faire redémarrer les hélicoptères parce que le sable de ce désert, en Iran, était beaucoup trop fin, était rentré dans les pales et n'avait pas pu faire redémarrer les hélicoptères.
- Alors que la répétition aux États-Unis s'était faite.
- Dans un désert où les grains de sable étaient beaucoup plus épais et ça permettait le redécollage.
- C'est ouf.
- Mais pour savoir tout ça, il faut mener une enquête, Jacques Forgest.
- Oui, il faut mener une enquête.
- Il faut d'abord être passionné.
- Voilà.
- Parce que je pense que ça doit être quand même le trait commun de votre émission.
- C'est-à-dire que vous devez rencontrer des gens qui, quelle que soit leur formation et quel que soit ce qu'ils font en ce moment, sont tous portés par quelque chose.
- Et moi, c'est vrai que le cinéma a déjà pointé en moi.
- Et je m'étais dit...
- Avec cette histoire-là, ça serait formidable parce que ça me permettrait de retrouver un cinéma.
- Alors, Le Fleuve Noir, effectivement, c'est une nouvelle collection dans laquelle vous entrez en 82, en Grenage.
- Mais Le Fleuve Noir doit beaucoup à celui dont vous allez reconnaître la voix.
- D'abord, je considère qu'à notre époque, il n'est pas possible de se désintéresser de la politique.
- Frédéric Dard, sans lui, il n'y aurait jamais eu Le Fleuve Noir.
- En 49, il écrit par hasard un San Antonio pour...
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