Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, les vraies voies qui font bouger la France, 19h-20h, les vraies voies responsables.
- On est ravis avec Philippe David de vous accueillir ce soir, les vraies voies responsables.
- Et on va traiter de la lutte contre le narcotrafic et blanchiment de l'argent qui s'impose comme un enjeu majeur de sécurité, de souveraineté, de stabilité économique pour les Etats face à des réseaux criminels transnationaux extrêmement structurés, technologiquement équipés et capables de corrompre à grande échelle.
- Les réponses doivent être coordonnées, stratégiques et évolutives.
- Cet argent sale qui se cache derrière des commerces qui ont pignon sur rue, lutter contre le narcotrafic, c'est aussi lutter contre le blanchiment de l'argent qu'il génère, des rues entières dédiées au blanchiment, estimait récemment le préfet de police de Paris.
- On va en parler avec nos invités.
- Quentin Mug est avec nous, policier spécialisé dans la lutte anti-blanchiment et auteur du livre « Argent sale, la traque » chez Fayard.
- Bonsoir, merci d'avoir accepté notre invitation.
- Pierre-Yves Bournaizal est avec nous, bonsoir, merci d'être avec nous.
- Conseiller Horizon de Paris, ancien député candidat déclaré aux prochaines élections municipales.
- Et auteur de plusieurs propositions contre les commerces servant de façade au blanchiment.
- Et puis Sébastien Cotte, adjoint au maire de Montpellier à la protection de la population et à la tranquillité publique.
- Merci, bonsoir, d'avoir accepté cette invitation.
- On vous souhaite la bienvenue, c'est Les Vraies Voix responsables, jusqu'à 20h.
- Les Vraies Voix Sud Radio.
- Et on va revenir avec vous directement, Pierre-Yves Bournaizal, puisque vous avez écrit une tribune dans le Figaro.
- L'Observatoire français des drogues estime que le trafic de stupéfiants rapportera aujourd'hui en vie.
- Et je pense que c'est sous-estimé 3 milliards d'euros.
- Oui, on a un gros sujet, c'est un fléau.
- Et c'est un fléau qui nous pose beaucoup de problèmes dans un certain nombre de quartiers.
- Puisque c'est du concret, après.
- C'est l'occupation illégale du domaine public.
- C'est des gens qui bénéficient, par exemple, de logements sociaux.
- C'est des gens qui blanchissent de l'argent en rachetant des baux commerciaux.
- Et on a aujourd'hui des rues, dans certaines villes de France, et particulièrement à Paris, des rues qui sont gangrénées par des mafias qui blanchissent cet argent sale, provenant essentiellement de la drogue.
- Mais ça peut provenir parfois aussi du proxénétisme.
- Et qui pose de lourds problèmes et qui change la physionomie des rues.
- Et qui crée de l'insécurité et des problèmes de tranquillité.
- Donc il est urgent d'agir.
- C'est la raison pour laquelle j'ai fait un certain nombre de propositions extrêmement fortes et massives pour qu'on réoriente très vite la stratégie pour nos quartiers et qu'on retrouve de la tranquillité et de la sécurité.
- Quand un mug, quand il était tout neuf, le porte-avions Charles de Gaulle a coûté 3 milliards, c'est-à-dire l'équivalent de ce qu'on évalue pour le marché de la drogue.
- En argent liquide, 3 milliards, ça fait quand même beaucoup de camions.
- Moi, à mon avis, c'est même plus des valises.
- Comment est-ce qu'on peut arriver à blanchir une telle somme ? D'abord, est-ce que c'est le bon chiffre ? Ça reste toujours des estimations dans la mesure aussi de l'économie souterraine.
- Donc on ne peut pas avant moi arriver avec un chiffre extrêmement précis.
- Les évaluations varient de 3 à 6 milliards pour la France.
- Donc du simple au double.
- Après, le blanchiment d'argent dans son ensemble, c'est-à-dire toute infraction confondue, on est plutôt de l'ordre de 2 trillions au niveau mondial.
- Donc 2 000 milliards ? Oui.
- Ah oui.
- Mais de toute façon… De toute façon, dans ces sujets-là, les chiffres deviennent tout de suite vertigineux.
- J'ai expliqué un petit peu hors antenne avant qu'on rentre là que dans ma dernière affaire, sur une seule et même affaire, un seul blanchisseur qui était installé à Paris 15ème avait pris en un an un peu plus de 118 millions d'euros en espèces, sur un seul dossier.
- 118 millions d'euros ? Oui, tout à fait.
- Et après, quand on a tracé les flux, on est remonté à une société suisse qui, elle, avait sous gestion plus d'un...
Transcription générée par IA