Retranscription des premières minutes :
- Ils étaient des milliers à manifester hier dans les rues de Saint-Etienne contre la dissolution possible de deux groupes emblématiques de supporters ultra du club local.
- Des banderoles qui ont été affichées un peu partout dans tous les stades de Ligue 1 hier ne touchent pas à MECOP ou à leur liberté pour les ultras.
- Pourquoi le ministère de l'Intérieur engage une procédure de dissolution de ces groupes ultra ? On en parle avec notre invité Mathieu Zagroski. Bonjour.
- Bonjour.
- Soyez le bienvenu sur Sud Radio Chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales.
- Vous êtes spécialiste des questions de sécurité intérieure et notamment autour du sport.
- Bruno Retailleau qui part en guerre contre les supporters qu'il juge ultra violents.
- Bruno Retailleau aussi qui fait publier des chiffres qui montrent qu'il y aurait de plus en plus d'actes de violence en marge du football.
- D'abord, est-ce que c'est vrai ? Oui, alors après, je n'ai pas regardé le rapport en question.
- Il y a effectivement un certain nombre d'incidents qui ont, relativement sérieux, qui ont émaillé le football ces derniers mois et ces dernières années et qui ont marqué l'opinion.
- Et dans le cas de Saint-Etienne, il y a notamment l'envahissement du terrain face à Auxerre.
- Il y a de cela deux saisons au moment de la descente en Ligue 2.
- Donc, il est indéniable qu'il y a un certain nombre d'incidents.
- Et certains, encore une fois, qui sont marquants autour du football.
- Bon, après, la question étant de savoir, et je pense que c'est l'objet de notre discussion, si la dissolution d'associations est la solution à ce type de phénomène.
- Exactement.
- À Saint-Etienne, notamment deux associations d'ultra, de grosses associations assez emblématiques.
- D'une part, les Magic Fans.
- D'autre part, les Green Angels sont visés par une procédure de dissolution.
- D'abord, il y a des précédents de dissolution d'associations de supporters emblématiques.
- Parfait.
- À Nice, avec la Brigade Sud.
- Ça a été le cas à Paris, avec les Boulogne Boys.
- Quelles sont les conséquences d'une dissolution, d'abord ? Les conséquences d'une dissolution, c'est tout simplement que l'association n'existe plus.
- Quand on parle de dissolution, on parle de dissolution plus particulièrement de loi 1901.
- Donc, en fait, le groupe en question n'a plus de local, n'a plus la possibilité de s'organiser, n'a plus le droit, en fait, par exemple, de déployer des banderoles.
- Mais, affichant le nom de l'association, c'est ce que vous avez fait référence aux Boulogne Boys en 2008.
- Effectivement, c'était au Parc des Princes.
- Et puis, deux ans plus tard, il y a eu le plan Leprou qui a dissous toutes les associations de supporters du Paris Saint-Germain.
- Et donc, effectivement, ils n'ont plus le droit de s'afficher comme tel.
- Dans le cas de Saint-Étienne, on parle quand même des deux plus grandes associations de la ville.
- Quand je dis plus grande association de la ville, ce n'est pas du stade, mais vraiment de la ville et de ses associations.
- De ses environs, ce sont les deux plus grandes associations de loi 1901.
- Exactement. D'ailleurs, on va y revenir parce qu'elles ont un certain nombre d'actions extrasportives aussi, y compris sur le plan caritatif.
- Mais avant ça, vous avez cité ces deux exemples, les Boulogne Boys de la tribune Boulogne du Parc des Princes à Paris et la Brigade Sud de Nice.
- Ce n'est pas tout à fait pareil parce que les Boulogne Boys ont complètement disparu du Parc des Princes, en tout cas en tant que groupe.
- En revanche, la Brigade Sud à Nice a été remplacée par la Populaire Sud.
- Qu'est-ce qu'il y a comme différence entre la Populaire Sud qui existe aujourd'hui à Nice, et la Brigade Sud qui existait jadis ? Effectivement, il n'y en a pas vraiment. Le noyau ultra-nissois existe toujours.
- En fait, la différence avec Paris, c'est qu'à Paris, la dissolution des associations s'est accompagnée de mesures extrêmement restrictives, notamment sur les achats de places et d'abonnements.
- Autrement dit, vous aviez à Paris deux tribunes rivales, qui étaient Auteuil et Boulogne.
- Tout le monde s'en souvient plus ou moins, en tout cas les gens qui s'intéressent au football.
- Non seulement les associations ont...
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