Retranscription des premières minutes :
- Et on reçoit Paul Elkarat et sa maman Sophie Elkarat pour votre livre écrit à quatre mains atypique chez HarperCollins.
- C'est l'histoire et le long cheminement que vous vivez en famille.
- Vous d'abord Sophie, je vais m'adresser à votre maman Paul en premier puisque c'est elle qui ouvre effectivement le livre pour raconter ce témoignage qui vous bouleverse, cette maman qui vous écrit et qui est désespérée parce qu'elle ne déchiffre pas son enfant et elle se demande ce qui se passe.
- Moi je voudrais qu'on revienne pour nos auditeurs Gilles sur la compréhension des familles et des proches de parents d'enfants autistes Asperger, ce qu'est le cas de Paul aujourd'hui, c'est que pendant longtemps il y a une espèce de culpabilité immense de ces parents qui sont vus et qui ont été vus, peut-être un petit peu moins maintenant, mais qui ont été vus comme de mauvais parents qui ne savent pas où il y a un problème avec leur enfant donc forcément c'est un problème notamment avec la mère.
- Voilà, ça a été longtemps ça.
- C'est ce qu'on appelait le syndrome de la mère froide, c'est-à-dire la mère qui n'est pas affectueuse, qui n'est pas chaleureuse et qui va créer le problème en fait.
- Alors quand on sait aujourd'hui que c'est une structuration neurologique du cerveau qui est complètement différente et qui fait qu'ils appréhendent le monde d'une façon complètement différente, ça fait sourire.
- Mais comment dire, longtemps ça a été le sujet de la mère et longtemps ils ont été mis avec des malades, des malades psychiatriques et donc ils ont subi des traitements médicaux complètement inappropriés parce que ce n'est pas en prenant des médicaments qu'on changera le système neurologique de quelqu'un.
- Donc bon, on s'est fourvoyé complètement sur ce sujet-là et aujourd'hui, Dieu merci, on est sortis de ça.
- Et vous racontez la liste longue comme le bras de tous ces médecins que vous allez voir en disant il se passe quelque chose, aidez-nous en fait.
- Et vous n'avez pas de réponse.
- Ils ne peuvent pas nous aider parce qu'ils sont dans l'ignorance du sujet.
- Donc voilà, c'est le problème, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, c'est la, comment dire, ce médecin Asperger était un médecin viennois qui pendant la Deuxième Guerre mondiale a identifié, il a tout écrit, il savait déjà tout, simplement, étant donné que, comment dire, que du fait, voilà, c'est compliqué, il est passé dans l'ombre, il a été complètement oublié du fait, voilà, de sa collusion avec les médecins nazis, voilà, donc il a été complètement oublié.
- Il se trouve que dans les années 80, une psychiatre britannique, londonienne, Lorna Wing, s'est intéressée au sujet parce que sa propre fille présentait des syndromes autistiques et a exhumé la thèse d'Asperger, vous voyez, les années 80.
- Voilà.
- Et donc a remis le syndrome d'Asperger sur le devant de la scène.
- Et aujourd'hui, donc, on part de très, très, très, très loin.
- Pendant que votre maman fait toutes ses recherches, quand vous avez 9-10 ans, est-ce que vous vous sentez déjà un enfant différent ou pas ? 9-10 ans, je suis quelqu'un qui est très curieux, qui s'intéresse à beaucoup de choses, qui aime bien attirer l'attention aussi, qui aime bien amuser.
- Vous êtes un bout en train à l'école.
- Oui, qui aime bien amuser la galerie.
- Mais de là à neurologiquement me considérer comme singulier à part entière, non, je ne pense pas que j'avais ces considérations-là à un âge aussi jeune.
- Même quand vous faites des crises, même quand vous exigez que...
- Tout ça, c'est dans le livre.
- Il faut vraiment lire ce livre chez HarperCollins.
- Quand votre maman est obligée chaque soir à venir vous montrer...
- Montrer des baleines qui sont sur des affiches.
- C'est moi qui lui montre, mais ça, c'était encore...
- J'étais encore plus petit, j'avais 3-4 ans.
- Donc c'était même avant.
- Mais je ne m'en souciais pas.
- Je considérais que si je faisais une crise ou que j'étais agacé par quelque chose, c'est qu'il y avait une raison bien définie et que c'était justifié et pas que c'était excessif.
- De réagir de la sorte, je n'avais pas cette conscience-là, je pense.
-...
Transcription générée par IA