Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Maxime Liedot est avec nous, bonjour Maxime.
- Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous.
- Alors, vous voulez revenir sur les fameuses ZFE.
- Que voulez-vous nous dire sur les ZFE ? Que la bêtise parfois a un prix, et le prix peut être élevé, parce que figurez-vous qu'à l'heure où on parle d'éventuellement les supprimer, les fameuses ZFE, zone à faible émission, la France, ça pourrait lui coûter 3 milliards d'euros.
- C'est ce que révèle absolument la Direction Générale du Trésor, 3 milliards d'euros, alors même que l'Assemblée Nationale s'apprête à en débattre dès le 8 avril prochain.
- Pour mémoire, ce sont les zones à faible émission, ça avait été instauré dans la loi Climat et Résilience, et pour faire court, dans énormément de coins en France, les véhicules diesel immatriculés entre 2011 et 2006 sont tout simplement sommés de sortir des centres-villes.
- Et ça, c'est mine de rien une très belle idée à la française, parce qu'on aurait pu croire qu'après l'épisode notamment douloureux des Gilets jaunes, nos responsables politiques auraient, aient pris davantage conscience des conséquences de leurs décisions sur les travailleurs et les plus précaires.
- Eh bien non, puisque cette décision pourrait concerner près de 10 millions de véhicules, et Alexandre Jardin, l'auteur notamment qui s'est emparé de cette cause et qui se bat sur ce sujet qu'on entend régulièrement sur cette antenne, pose la question essentielle, pourquoi, mine de rien, s'inquiéter de tout ça, parce qu'après tout, ce sont que des gueux, Jean-Jacques.
- Des gueux, c'est quoi dire ? Des pauvres.
- Oui, des pauvres, mais des gueux selon l'expression d'Alexandre Jardin, mais la question en effet devient, véritablement économique.
- Ça devient économique.
- Mais oui, parce que la France a touché en réalité d'importantes aides européennes via le plan national de relance et de résilience.
- Au total, notre pays va toucher 40,3 milliards d'euros jusqu'en 2026.
- Or, si la France commence à virer ses aides FE, cela peut envoyer un message excessivement négatif du côté de Bruxelles, avec un risque immédiat, celui de devoir rembourser 1 milliard d'euros dès maintenant, et pire, compromettre les 3,3 milliards d'euros qu'on attend pour l'année 2025.
- Mais si aujourd'hui, on parle de 3 milliards d'euros, le coût social et économique réel de cette décision sera beaucoup plus élevé dans les prochains mois si l'on s'entête dans cette politique absurde.
- Les aides FE sont d'une perversité incroyable puisqu'elles englobent même les routes qui les traversent ou qui longent ces fameuses zones, notamment par exemple les bretelles d'autoroutes.
- 3 milliards dans cette affaire, c'est quand même le coût du mépris, parce que c'est le mépris d'un pouvoir qui pense vaguement que les plus modestes finiront en réalité par s'adapter sans même s'interroger sur la réalité.
- La preuve, quand on a fait une étude d'impact sur cette loi, la section concernant les conséquences sur les particuliers fait à peine une page, c'est-à-dire qu'ils n'ont même pas été comptabilisés. Ça, à l'heure où on parle en permanence des fractures, c'en est une, et c'en est une véritable.
- Mais je mets aussi en garde ces fameux gueux, comme dirait Alexandre Jardin, les travailleurs, les précaires, les fatigués, les bosogneux, les parents, les commerçants, les infirmiers, les routiers, bref, ils sont patients depuis très longtemps, Jean-Jacques, depuis trop longtemps, il viendra forcément un moment où ils descendront dans la rue pour autre chose que pour beurrer les sandwiches, comme dirait l'autre.
- Bon, ils sont fatigués, ils sont fatigués par la politique en général, et par les politiques en général, ça, c'est sûr et certain, mais bon.
- Sauf qu'il y a aujourd'hui des adaptations partout, non, sur le ZFE.
- Mais il m'a bien compris, Maxime, dans une précédente tribune, vous aviez fustigé de mémoire les fameux ZFE. Alors, que faut-il faire ? Il faut y aller ou pas ? Il faut...
- Il faut les supprimer.
- Ah non, bien sûr qu'il faut les supprimer.
- Ce que je dénonce ici, c'est qu'en réalité...
- Mais ça va nous coûter.
- C'est comme les portiques égotaxes, quoi.
- C'est-à-dire que ça avait coûté un milliard, alors qu'on les avait...
- Ça, c'est une idée de Ségolène Royal.
- C'est une idée géniale de Ségolène Royal.
- Immense idée.
- Ils sont...
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