Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Il est 8h16, comme tous les vendredis, Guy Carlier nous a rejoint. Bonjour Guy.
- Bonjour à tous, bonsoir Arlette, bonsoir Jean-Jacques.
- Alors je vais être franc avec vous, Guy, Orantenne m'a dit que votre chronique avait pour thème la danse.
- Moi je suis, pardonnez-moi, un peu perplexe, vraiment, car il ne m'a pas semblé que la chorégraphie ait été une préoccupation majeure des Français cette semaine.
- Alors j'ai dû rater quelque chose, j'en suis certain, alors je vais vous écouter avec la plus grande attention, mon cher Guy.
- Bonjour à tous, j'ai noté dans votre lancement, mon cher Jean-Jacques, une certaine ironie, mais je vais ignorer vos perplexes et vous démontrer ce matin qu'il n'y a rien de plus important cette semaine que la danse.
- Ça évidemment, il est certain que j'aurais pu aller à la facilité avec l'actualité de ces derniers jours, plus facile de faire des plaisanteries de garçons de bain sur les réactions du jugement de Marine Le Pen.
- J'ai pensé que les auditeurs avaient déjà suffisamment ri avec les commentateurs officiels, comme Jean-Philippe Tanguy, pour ceux qui ne voient pas de qui il s'agit, c'est l'enfant naturel de Dominique Besnéard et Jean-Pierre Coff.
- On a bien ri aussi avec Trump hier, et notamment cette scène, pour montrer l'efficacité de sa folie de taxe.
- Il a brandi un tableau avec deux colonnes, on ne savait pas trop ce qu'il y avait dans chacune des colonnes, peut-être lui-même n'était pas capable de dire d'où venaient ces chiffres, quelle était leur fiabilité, et surtout à quoi il s'appliquait.
- À un moment, il a montré un plus douze, les gens autour de lui, les courtisans ont apprécié, fait un signe de la tête, était impressionné, mais on ne savait pas si ça s'appliquait à des pelles à tarte, des roues de tracteur, et surtout, qu'est-ce qui allait augmenter de douze points.
- Alors oui, on a envie de rire avec ces enfantillages, mais au bout du compte, on sait bien que ce sont des rires qui finiront par nous faire pleurer.
- Le monde ressemble à une super production Hollywood, un blockbuster où une comète menace de chuter sur la terre, un fou menace lui de faire exploser une bombe nucléaire, et dans ses films, il y a toujours Bruce Willis qui sauve le monde à lui tout seul, c'est notre héros de cinéma.
- Eh bien, figurez-vous que cette semaine, Bruce Willis a sauvé le monde pour de vrai.
- Il n'a pas joué dans une super production hollywoodienne, mais dans une courte vidéo familiale postée sur Youtube, et cette vidéo est comme un phare qui traverse l'obscurantisme de cette époque.
- Et on est prêt à se résigner.
- Et à chaque fois, on est sauvé par quelque chose comme ça.
- Au dernier moment, une image, une scène qu'on n'oublie pas et qui nous donne à nouveau de l'espoir, parce qu'à chaque fois où on se dit « ça y est, c'est mort », ces images viennent nous rappeler que la vie gagne toujours, tout simplement parce qu'elle réveille un muscle qu'on croyait atrophié, celui de l'espérance.
- Sur cette vidéo, on voit la scène d'anniversaire du comédien.
- Comme on sait que depuis quelques années, il souffre d'une maladie neurologique irréversible, on regarde la vidéo en se demandant un peu où il en est.
- Vous savez, un peu comme on regarde les accidents qu'on croise sur l'autoroute.
- Ce n'est pas très sain, mais on l'aimait bien, Bruce Willis.
- Et sur les images, on voit ses proches qui l'aident à découper son gâteau.
- Il s'exécute maladroitement.
- Il est là sans être là. Il a l'œil flou, le corps lent autour de lui.
- Il y a Demi Moore, l'ex-femme de sa vie.
- Ils ont divorcé il y a plus de 20 ans, mais elle est revenue.
- Elle est l'une des rares qu'il reconnaît parfois.
- Leurs filles sont là aussi et ces femmes forment une chaîne humaine, un barrage contre l'oubli.
- Leurs mains guident celles de Bruce Willis pour découper le gâteau.
- Il se laisse faire machinalement.
- Il n'est pas là, disais-je, mais soudain, son regard croise celui de Demi Moore.
- Et on devine des souvenirs en avalanche...
Transcription générée par IA