Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
- Donald Trump, ses droits de douane, les conséquences.
- Nous sommes avec Pascal Lebrun qui est président du Centre National Interprofessionnel de l'économie laitière.
- Pascal Lebrun, bonjour. Bonjour.
- Merci d'être avec nous, vous êtes vous-même producteur de lait dans le Calvados.
- Pascal Lebrun, vous étiez hier à l'Elysée, Emmanuel Macron s'est exprimé, a parlé de décisions brutales et infondées, il a demandé une suspension des investissements, suspension provisoire aux États-Unis avant toute clarification, l'Europe est en train de se mobiliser, l'Europe doit rester unie, a dit hier Emmanuel Macron, les Américains sortiront plus faibles et plus pauvres, c'est ce qu'il a dit, l'impact est massif sur l'économie européenne.
- Quel est l'impact de ces droits de douane voulus par Trump ? Quel est l'impact possible sur les produits ? La France a exporté pour 342 millions d'euros de produits laitiers vers les États-Unis en 2024, c'est ça ? Vous avez des bons chiffres, c'est tout à fait ça.
- Donc les États-Unis sont nos 3e clients hors Union européenne après la Chine et après le Royaume-Uni, et c'est 25 000 tonnes de fromages qui sont exportées vers les USA.
- Et donc 75%.
- Ces exportations se font à travers des fromages.
- À travers des fromages.
- Quel fromage exporte-t-on ? Donc on y exporte du brie, principalement de l'aimantale, des AOP, des pâtes molles, des pâtes pressées cuites, ce que je viens de dire, donc on exporte ces produits à forte valeur ajoutée, donc sur le continent américain.
- Oui, exportation de produits français vers les États-Unis qui ont doublé en 10 ans ces produits fromagers, faisant de ce marché un axe stratégique pour vous, pour l'industrie laitière française.
- Tout à fait. Donc l'objectif pour nos entreprises laitières, c'est d'exporter des produits à forte valeur ajoutée qui forcément se traduit par la valorisation auprès du producteur de lait au final.
- Donc ce déséquilibre, parce que le principal risque c'est le déséquilibre de ces marchés laitiers, c'est l'équivalent pour nous, 25 000 tonnes de fromages, c'est l'équivalent d'environ 250 millions de litres de lait qui vont se retrouver orientés si on perd ses parts de lait.
- C'est des marchés qui peuvent se retrouver orientés différemment et c'est le déséquilibre et cet effet de chaise musicale, j'ai envie de dire, à travers les différents pays puisque ce mouvement va concerner l'ensemble des pays.
- Donc chaque pays va vouloir réorienter plus ou moins quelques volumes ici ou là et tout ça va déséquilibrer le marché européen et mondial.
- Voilà, tout est dérégulé. Pascal Lebrun, que craignez-vous et quelles réponses, selon vous, faut-il apporter ? Je pense que ce qu'a proposé le Président de la République est tout à fait fondé, d'avoir une réponse européenne, filière par filière, et bien regarder sous un angle à 360 degrés, puisque vous le savez, on apporte aussi des matières premières des États-Unis pour la production, donc il ne faudrait pas qu'on soit pénalisé deux fois.
- Pétrole, gaz naturel, liquide par exemple, et pas que.
- Pétrole, oui, gaz naturel, du soja aussi pour nos animaux, donc quelque part, il ne faudrait pas qu'on se fasse pénaliser.
- Pénaliser deux fois, donc il faut bien regarder de quelle manière on va riposter, parce que la riposte va se faire, mais l'objectif n'est pas de monter les choses en escalade, l'objectif est bien de bien ramener les États-Unis à la raison, mais il nous faut une réponse filière par filière à l'échelle européenne.
- Dites-moi, les AOP, les fromages, appellation origine protégée, qui sont d'excellents produits français, ces AOP sont consommés aux États-Unis par des Américains qui ont de l'argent, hein Pascal Lebrun, parce que ce n'est pas donné quand même.
- Non mais tout à fait, ce qu'on exporte, ce sont des produits en partie à forte valeur ajoutée.
- Des vrais produits de qualité, ce ne sont pas des fromages américains, je le dis tout de suite.
- Oui, tout à fait, mais malgré tout, ces barrières douanières qui vont quand même donner une inflation importante peuvent faire reculer certains consommateurs américains, on estime grosso modo 1% de taxes douanières supplémentaires, 1%...
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