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"Le RN a un projet socialiste" affirme David Lisnard

Par La Rédaction

David Lisnard, maire LR de Cannes, président de Nouvelle Énergie et auteur de "Ainsi va la France" (Observatoire), était “L’invité politique” sur Sud Radio.

David Lisnard RN
David Lisnard, interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 2 avril 2025, dans “L’invité politique”.

Procès du RN, Justice, exécution provisoire, syndicat de la magistrature, Algérie, immigration, présidentielles de 2027 : David Lisnard a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

"Le projet du RN est socialiste sur le plan économique, étatiste et interventionniste"

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur l’idée d’un candidat unique à droite en 2027, David Lisnard, président du mouvement Nouvelle Énergie, écarte d’emblée toute alliance avec le Rassemblement national. Selon lui, "le RN dit lui-même qu’il n’est pas de droite". "Ceux qui comme je le fais avec Nouvelle Énergie proposent de créer de la productivité dans la fonction publique, de donner des moyens à l'État de se réformer, d'être moderne et d'avoir moins de masse salariale mais des gens mieux payés". Marine Le Pen "balaye ça en disant 'ça ce sont des idées de droite, c'est pas moi'" dénonce-t-il.

Pour David Lisnard, le différend est avant tout économique. "Je trouve que le projet du RN est un projet socialiste sur le plan économique", explique-t-il, en précisant qu’il s’agit d’un programme "étatiste et interventionniste". Il voit dans cette vision une forme d’héritage de l’État-providence, qu’il juge dépassé. À l’inverse, il défend un projet libéral fondé sur la responsabilité individuelle, la liberté économique et une modernisation profonde de l’action publique. "L’avenir de la France ne peut passer que si chaque individu peut être propriétaire de sa vie" affirme-t-il.

"La seule question qui fasse débat, c’est celle de l’exécution provisoire"

Revenant sur la condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire, David Lisnard précise qu’il ne commente pas les faits eux-mêmes. Il s’interroge néanmoins sur un point : "la seule question qui fasse débat, c’est celle de l’exécution provisoire". Il rappelle avoir lu "les 154 pages du jugement", qu’il juge "très étayé sur le fond". Mais il note que cette exécution immédiate "est motivée de manière étrange, pour des raisons morales, voire politiques".

Selon lui, ce fondement pose problème : "cette espèce d’argument bizarre […] consiste à dire que l’exécution provisoire […] est prononcée parce qu’il est possible que la condamnation soit confirmée définitivement". Il ajoute : "la morale, c’est aux individus de la vivre, le droit, il n’est pas dans ce champ-là". Pour David Lisnard, le respect du double degré de juridiction est essentiel pour restaurer la confiance dans la justice.

"Il faut interdire le syndicat de la magistrature"

David Lisnard s’insurge contre l’impartialité de certains magistrats, rappelant notamment l’épisode du "mur des cons". Selon lui, "un tiers des magistrats remettent en cause l’impartialité", ce qui mine la confiance dans la justice. Il dénonce le syndicat de la magistrature, qu’il accuse de faire de la politique. "Je propose l’interdiction du syndicat de la magistrature", affirme-t-il.

Tout en défendant le droit syndical pour les magistrats, il distingue deux fonctions : "défendre les moyens de la justice, oui ; faire de la politique, non". Il estime qu’un déséquilibre s’installe entre un pouvoir judiciaire peu sanctionné et des élus de terrain exposés à une insécurité juridique croissante. "Aujourd’hui, un élu peut être mis en cause sur simple dénonciation, puis innocenté trois ans après", alerte-t-il.

"La justice doit aussi protéger la société"

David Lisnard insiste sur la fonction première de la justice : protéger. Il regrette que certains magistrats soient plus prompts à juger des élus qu’à "protéger les citoyens des récidivistes". Il évoque des exemples concrets : "un homme arrêté à Cannes, relâché, puis impliqué dans l’agression de quatre policiers quelques jours plus tard".

Face à ce qu’il décrit comme "un système judiciaire à bout de souffle", David Lisnard lance une série de pistes : élection des magistrats, révision de la loi Sapin II, et suppression de l’exécution provisoire pour les peines d’inéligibilité. Il conclut : "La justice est au cœur de l’État. Elle doit être indépendante, mais aussi impartiale, efficace et protectrice".

"On ne peut plus laisser la France se faire souiller par l’Algérie"

Le maire de Cannes interpelle aussi sur la politique migratoire et les relations franco-algériennes. À propos de l’écrivain Boualem Sansal, détenu arbitrairement selon lui, David Lisnard est catégorique : "il est innocent, pris en otage par l’Algérie". Il demande que la France exige le retour de ses ressortissants et la remise en cause des accords de 1968 : "L’Algérie doit récupérer ses voyous". Par ailleurs, il estime qu'"il faut couper le robinet de l'immigration".

Évoquant les multirécidivistes étrangers relâchés puis réauteurs de violences, il s’indigne : "Ce décalage n’est plus supportable". Il appelle l’Algérie à assumer sa souveraineté : "L’Algérie est un État indépendant, la France aussi. Il faut des accords équilibrés. Pourquoi mes impôts paieraient-ils pour un ancien ministre algérien condamné chez lui ?"

"Je fais tout pour être en capacité d’être candidat à la présidentielle en 2027"

Sans langue de bois, David Lisnard assume ses ambitions nationales : "Je fais tout pour être en capacité d’être candidat à la présidentielle en 2027". Il souhaite également pouvoir "présenter des candidats aux législatives" pour porter son projet politique. Un projet qu’il qualifie de "libérateur", reposant sur la propriété, l’ordre et l’éducation.

Pour lui, la France doit sortir de "l’excès de bureaucratie, de fiscalité et de contraintes". Il défend une école refondée sur "la raison critique", l’ambition scientifique, et une vraie mixité sociale rompant avec la sectorisation scolaire actuelle. Il milite également pour la retraite par capitalisation "pour les travailleurs les plus modestes", afin qu’ils puissent "avoir enfin un capital à eux".

"Il faut un seul candidat de droite, sans le RN"

David Lisnard plaide pour une clarification de l’offre politique à droite en vue de l’élection présidentielle de 2027. "Il faut un seul candidat de droite. Il faut arrêter le en même temps !", affirme-t-il. Pour le président de Nouvelle Énergie, l’époque des synthèses floues et des compromis politiques permanents a montré ses limites. Il appelle à une primaire large pour désigner ce candidat, allant "de Gabriel Attal à Éric Zemmour", mais excluant le Rassemblement National.

À ses yeux, seule une compétition transparente permettra de désigner un projet clair, "respecté dans son intégrité", sans compromis avec la gauche ou le centre. "Il faut aller très vite, très fort dans une radicalité qui est le contraire de l’extrémisme pour réformer le pays", ajoute-t-il. En l’absence de leader naturel, il considère cette primaire comme le moyen de faire émerger une candidature crédible et unifiée à droite.

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin

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