C’est un véritable ultimatum que François Bayrou a lancé au pouvoir algérien : l'Algérie a quatre à six semaines pour réexaminer tous ses accords avec la France, dont le célèbre accord de 1968 donnant certains privilèges aux immigrants algériens.
"Un coup de semonce à l’Algérie"
La France ne peut-elle pas le dénoncer seule ? "La règle entre États est de respecter un minimum de formes, explique Patrick Stefanini, représentant du ministre de l'Intérieur sur l'immigration. Ces derniers mois, dernières semaines, l’Algérie n’a pas respecté l’accord qui la lie à la France concernant la reprise des clandestins. Un accord sur la réadmission qui date de 1994."
"Nous l’avons vu au travers de l’affaire des influenceurs comme lors du drame de Mulhouse. Pour des ressortissants parfaitement identifiés comme algériens, nous n’avons pas obtenu des autorités algériennes la délivrance des laissez-passer consulaires indispensables à leur éloignement. Ce que le Premier ministre a décidé, notamment sur la proposition de Bruno Retailleau, c’est d’envoyer un coup de semonce à l’Algérie."
François Bayrou menace de dénoncer les accords de 1968 : "L'Algérie n'a pas respecté l'accord de 1994, qui la lie à la France, en ce qui concerne la reprise des clandestins... Le Premier ministre envoie un ultimatum" explique @PStefanini78 #GrandMatin https://t.co/WpEv4NSDDW pic.twitter.com/wWlD8oLRov
— Sud Radio (@SudRadio) February 27, 2025
L'accord de 1968 en sursis
"S’ils ne réagissent pas, nous serions amenés à réviser, c'est-à-dire à dénoncer, l’ensemble des accords qui nous lient à l’Algérie, estime Patrick Stefanini, représentant du ministre de l'Intérieur sur l'Immigration. Un autre accord exonère de visas les titulaires de passeport diplomatique. Enfin, il y a l’accord de 1968 qui régit la totalité du cadre juridique de l’immigration algérienne en France. Beaucoup de responsables politiques considèrent qu’il est obsolète et qu’il faudrait au moins le réviser. Il faut le dénoncer."
La France peut-elle donc le dénoncer unilatéralement ? "Elle le pourrait. C’est très concret. Nous avons actuellement environ 740 ressortissants algériens dans les centres de rétention en France. Ils sont frappés d’une mesure d’éloignement et nous avons besoin d’un laissez-passer consulaire pour les ramener en Algérie. On lui demande d’examiner ces demandes et d’y donner suite."
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