Reportage à Mérignac de Christine Bouillot pour Sud Radio
"À partir du moment où une femme va porter plainte, pourquoi derrière on ne la protège pas ?"
Y a t il eu des erreurs ? À qui faire porter la faute ? Des interrogations qui reviennent en boucle chez les voisins de la victime : "à partir du moment où une femme va porter plainte, pourquoi derrière on ne la sécurise pas, on ne la protège pas ?", déplore une voisine au micro de Christine Bouillot. À sa sortie de prison en septembre dernier, le mari violent n’avait plus fait parler de lui et se rendait aux rendez-vous fixés par les services de suivi judiciaire, qui lui interdisaient de rentrer en contact avec sa femme.
Mais il s’est soudain évaporé en mars dernier lorsque sa femme a déposé à nouveau plainte : "le 15 mars 2021, la victime avait déposé plainte au commissariat de Mérignac, confirme Frédérique Poterie, procureure de Bordeaux. Une enquête en flagrance avait été ouverte et malgré les recherches des services de police pour localiser l'intéressé, celui-ci restait introuvable".
"C'est malheureusement très difficilement détectable, quels que soient les suivis mis en place"
Dans ces conditions, difficile d'anticiper pour la police comme pour la justice, explique Marie-Noëlle Courtiau-Duterrier, secrétaire générale adjointe de l'Union Syndicale des Magistrats (USM). "C'est malheureusement très difficilement détectable, quels que soient les suivis mis en place, explique-t-elle. En l'espèce, il semble que ce suivi était effectif".
La mission d'inspection des deux ministères rendra ses conclusions dans cette affaire mardi 11 mai.
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