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Enfants placés : "On doit absolument mettre en place un examen psychologique"

Par Aurélie Giraud

"N’oublions pas que tous ces enfants, qui ont été mis sous protection, sont avant tout des victimes", explique Perrine Goulet, députée MoDem.

ERIC CABANIS - AFP/Archives

Une étude dévoile que près d’un enfant sur deux qui est placé, est victime de violences sexuelles. Mais comment se retrouve-t-on placé en France lorsqu’on est mineur ? "Ça peut arriver à tout le monde", explique Perrine Goulet, députée MoDem qui fut elle-même une enfant placée.

"Tous ces enfants, qui ont été mis sous protection, sont avant tout des victimes"

Le placement peut survenir "après le décès des parents" ou encore à cause de maltraitances ou des manquements. Une situation qui peut arriver "dans toutes les familles et tous les milieux professionnels", explique la députée. "C’est pour ça qu’il est important qu’on regarde ce sujet-là." L’enquête, réalisée sur 8 établissements et 380 enfants, publiée le 2 avril 2025, "vient confirmer les propos du défenseur des droits en 2019".

Selon ce rapport, "comme on met ensemble des enfants qui ont été victimes, agressés, ces enfants parfois recommencent sur leurs propres congénères". Voire deviennent "eux-mêmes agresseurs" pour des raisons de survie. "Mais n’oublions pas que tous ces enfants, qui ont été mis sous protection, sont avant tout des victimes." Selon Perrine Goulet, pour enrayer la "spirale" de la violence entre enfants, "il faut mette en place un certain nombre de mesures dès l’arrivée de ces enfants. Et c’est ça qui est un peu manquant à l’heure actuelle", précise-t-elle.

"Un enfant va refaire ce que ses parents lui ont fait parce que pour lui, c’est assimilé à de l’amour"

Outre les violences entre enfants placés, nombre d’entre eux sont également victimes de violences de la part des familles les accueillant. "Quand un enfant est enlevé à sa famille", il est mis sous protection du département. Ce dernier a "un pool de familles d’accueil, mais aussi des foyers, de lieux de vie" pour accueillir ces enfants. "Mais ce qui manque surtout à ce moment-là, c’est une prise en charge en soins." Et ce alors qu’ils sont des victimes de violences physiques, morales ou encore sexuelles. Si un examen médical est effectuée, "on doit absolument mettre en place un examen psychologique pour voir à quel point l’enfant est atteint, et mettre en place le soin", demande la députée Modem. "Or, on se rend compte que le soin est mis en place beaucoup trop tard parce qu’il n’y a pas de places dans les centres" mais aussi par manque de formation des psychologues et psychiatres "sur le traitement du psycho-trauma".

La députée prend un exemple : un enfant victime de violences sexuelles de la part de sa famille. "On se rend compte que cet enfant assimile l’amour de ses parents aux violences sexuelles." Et c’est le problème : lorsqu’il va se prendre d’affection pour un autre enfant, il va reproduire le même schéma. "Il va refaire ce que ses parents lui ont fait parce que pour lui, c’est assimilé à de l’amour."

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