La stratégie de blocage ne fait pas l'unanimité
Au rond-point de Sainte-Eulalie, l'un des derniers barrages filtrants autour de Bordeaux, ils sont une cinquantaine de Gilets Jaunes. L'ambiance y est plutôt sympathique. "Ici on est sur un point plutôt tempéré, où les gens s'arrêtent, nous soutiennent, même les commerçants aux alentours. On n'est pas un point agressif, au blocage dur. La preuve, dans la journée on a deux gendarmes avec nous, on n'a pas besoin de car de CRS" explique une porte-parole du mouvement.
Après six jours et six nuits d'occupation, il y a tout de même la fatigue et quelques tensions, la stratégie de blocage ne fait pas l'unanimité. Certains veulent tout bloquer : "moi je suis pour le blocage, jusqu'à ce qu'on les tienne par les c...". Pour d'autres, "ça va se faire tout seul. Il n'y a pas besoin de gens pour aller revendiquer. Le Medef va faire le boulot, le patronat va le faire pour nous : il va aller taper à l'Élysée et dire 'hé bonhomme, t'as vu combien il nous manque dans les caisses' ?"
"Pourquoi bloquer des gens qui nous soutiennent ?"
Mais l'exaspération de certains automobilistes fait craindre à d'autres un retournement de l'opinion. Un Gilet Jaune propose d'abandonner le rond-point et de passer à d'autres actions : "Pourquoi bloquer des gens qui nous soutiennent ? Il faut bloquer les radars, les parkings, les impôts ; tout ce qui sert de collecte et qui fait rentrer de l'argent dans les caisses de l'État, qu'il dépense sans aucun contrôle".
C'est toute la difficulté pour les Gilets Jaunes : qu'ils ne parviennent pas à s'entendre sur une stratégie commune.