"On ne peut pas intervenir dans l'urgence, alors qu'on devrait intervenir dans l'urgence"
Émilie est entrée dans la police par passion, mais au fil des années, le manque de moyens est devenu son quotidien : "il y a des patrouilles qu'on ne peut pas équiper confie-t-elle à Christine Bouillot de Sud Radio. C'est compliqué de dire aux gens qu'on va faire au mieux mais qu'on ne peut pas intervenir dans l'urgence, alors qu'on devrait intervenir dans l'urgence".
Si le malaise dans les rangs de la police ne date pas d'hier, il est désormais prioritaire dans les revendications, d'autant que le fossé se creuse avec les citoyens. "C'est compliqué d'entendre que pour beaucoup, c'est une fonction qui est là en répression, alors que ça va au-delà. C'est plein de choses en fait la police, c'est le rempart des institutions, le rempart d'une République".
"Il faut des attentats, des actes absolument monstrueux et odieux pour que la population se souvienne que la police est là pour elle"
Samedi après samedi depuis près d'un an, Véronique, chef de salle au commissariat de Toulouse, a vu la fracture se faire avec la population, qui encensait pourtant la police après le Bataclan. "Le problème, c'est qu'il faut des attentats, des actes absolument monstrueux et odieux pour que la population se souvienne que la police est là pour elle regrette-t-elle. Malheureusement, avec tout ce qui se passe avec les Gilets Jaunes et ceux qui ont pourri ce mouvement, on se retrouve avec une population qui se dresse contre la police, ça fait très mal ! J'espère qu'ils reviendront vers nous"...
"Je vois mes collègues se faire massacrer, finir au sol, c'est vraiment très dur. J'ai l'impression que la population a une image sur la police épouvantable, alors qu'on est là pour leur service. On est vraiment blessé !"
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