Entre 300 et 400 opposants à l'autoroute A69 Toulouse-Castres, dont le chantier a été annulé par la justice administrative jeudi, se sont rassemblés dans la Ville Rose pour fêter la victoire "historique" de "David contre Goliath", a constaté un journaliste de l'AFP.
"C'est majeur, il y aura vraiment un avant et un après A69", a déclaré à l'AFP Gilles Garric, opposant au projet autoroutier contesté.
"On est dans un temps où les juges commencent à se rendre compte de ce qu'il faut justifier pour arriver à détruire des espèces protégées, des terres agricoles, des zones humides, arracher des arbres", a dit ce conseiller municipal de Teulat, petit village "coupé en deux" par le chantier de l'A69.
"C'est la victoire de David contre Goliath", s'est-il réjoui, saisi par l'émotion.
Les manifestants se sont réunis en fin de journée place du Capitole dans le centre-ville pour célébrer la décision publiée à la mi-journée par le tribunal administratif de Toulouse, stoppant net le chantier s'étalant sur une cinquantaine de kilomètres en direction de Castres (Tarn).
"Cette autoroute, clairement, ne présentait pas de raison impérative d'intérêt public majeur, donc elle est annulée purement et simplement et il n'y a aucune possibilité qu'elle revoie le jour, parce qu'en appel il n'y a aucune chance qu'il y ait des arguments nouveaux", a dit à l'AFP Jean Olivier, président des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.
"C'est vrai que ce qui n'est pas facile à comprendre, c'est que les travaux ont le droit de démarrer avant même que le tribunal ait dit si l'autoroute était légale ou illégale, là il y a un vrai souci", poursuit-il.
Les militants écologistes de plusieurs collectifs ont pris la parole pour saluer une "décision historique", reprenant le slogan de cette lutte longue de plusieurs années: "No Macadam".
Une cinquantaine de personnes étaient également réunies à Paris devant l'Assemblée nationale, accrochant sur les grilles du bâtiment des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Élus, laissez béton !"
"Merci au tribunal administratif de Toulouse de nous avoir réconciliés avec la justice, face à un chantier inutile et illégal, qui visait à détruire plus de 1000 hectares de terre nourricière", a souligné Caroline Duval, militante du collectif La déroute des routes.
AFP / Toulouse (AFP) / © 2025 AFP