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"Il faut créer des hyper-maisons médicales"

Même limitée à trois articles, la proposition de loi transpartisane contre les déserts médicaux soulève l’opposition des syndicats de médecins.

JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP

Les syndicats de médecins sont vent debout contre la nouvelle proposition de loi qui vise à réguler leur liberté d'installation.

"La médecine générale est la seule spécialité qui n'a pas accès aux honoraires complémentaires"

"Les solutions sont assez simples, ça va vous surprendre, en trois ans je vous résous le problème. La médecine générale est la seule spécialité qui n'a pas accès aux honoraires complémentaires. Vous savez, les honoraires complémentaires, c'est ce qui permet à des chirurgiens, par exemple, de prendre au-delà du tarif de la Sécurité sociale quand un acte est plus difficile, quand un acte est plus long, quand un acte est multiple etc. Ils n'y ont pas accès. Si vous accordez cet accès aux médecins qui vont donner une journée de leur temps à un exercice dans des zones en difficulté, à ce moment-là, ils accèdent au secteur 2. Si vous faites ça, ils vont aller faire ça", a fait valoir le Dr Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’UFML (Union française pour une médecine libre).

Quid des autres spécialités ? "Pour les autres spécialités, qui ont déjà le secteur 2, vous allez créer des pôles de consultation et d'hospitalisation. Le politique, dans sa grande intelligence, a fait des hôpitaux-usines et a centralisé les hôpitaux. Et aujourd'hui, les Français sont loin des hôpitaux, sont loin des spécialistes. Donc, il faut recréer ça. Il faut créer des hyper-maisons médicales avec le scanner, avec l'IRM, avec le centre de prélèvement, la pharmacie etc. Et les spécialistes qui vont aller donner une journée de leur temps à ces pôles-là auront dans leur exercice principal soit des avantages fiscaux, soit un meilleur salaire", a fait savoir Jérôme Marty.

"Si vous gérez une pénurie, vous agrandissez les trous du gruyère"

Selon Jérôme Marty, même les grandes agglomérations souffrent d'une difficulté d'accès aux soins, et le véritable problème n'est pas la liberté d'installation. "Sur 87% du territoire, les Français rencontrent des difficultés d'accès aux soins. Même en Ile-de-France, 97% de l'Ile-de-France est en difficulté. Donc, on voit bien que il n'y a pas de zone vraiment protégée. À Toulouse, qui est une ville attrayante, 100.000 Toulousains n'ont pas de médecin traitant. Donc, on voit bien que la problématique est partout. Vouloir obliger les médecins à s'installer est une erreur, parce qu'on ne peut pas gérer une pénurie."

"Quand on nous prend l'exemple des pharmaciennes, des infirmières etc., on a mis des quotas, parce que ces professions étaient trop nombreuses. Là, cette profession n'est pas assez nombreuse. Si vous gérez une pénurie, vous agrandissez les trous du gruyère", a poursuivi Jérôme Marty.

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