Le 11 mai 2022 à 21 heures, France 2 organise une soirée spéciale : "Sport et violences sexuelles : la fin du silence ?". Sera diffusé le documentaire "Un si long silence" retraçant l'agression sexuelle et la reconstruction de Sarah Abitbol, suivi d' "Infrarouge : Ice Therapie".
Sarah Abitbol : "J’appelle le gouvernement à introduire l’amnésie traumatique dans la loi"
"Une agression sexuelle laisse des dégâts sur toute une vie. J’étais dans l’anti-vie, je n’arrivais pas à être heureuse, j’avais en moi ce lourd secret. Et en voyant le film La Consolation, sur l’agression de Flavie Flament, je me suis dit : 'Allez, il faut parler, il faut que tu t’en sortes'. Et grâce à mon ami Bruno Solo, j’ai rencontré Flavie Flament, j’ai rencontré Emmanuelle Anizon, et la suite, on la connaît. Mais oui, c’est 30 ans de silence, et c’est tellement difficile de libérer la parole. Mais il faut parler. Quand je vois tout ce qui se passe aujourd’hui, la parole libère la parole. Avant c’était difficile, maintenant, c’est la libération de l’écoute. Une femme parle, puis une autre, une autre… Maintenant que tout le monde a parlé, on est sortis de ce silence assassin.
📢@Abitbol_sarah et @eanizon "Un si long silence" @France2tv.
🗣️ Sarah Abitbol "Je me bats pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels. On ne peut pas en rester là ! Les lois protègent les agresseurs, pas les victimes ! Il y a une amnésie traumatique"📺https://t.co/7MhNAdtyux pic.twitter.com/vbimIU4XTZ
— Sud Radio (@SudRadio) May 11, 2022
Je me bats pour que la loi bouge concernant la prescription des crimes sexuels. Parce qu’on ne peut pas en rester là. Quand on a plusieurs victimes d’un même agresseur, à un moment donné, les lois protègent les agresseurs, elles ne protègent pas les victimes. C’est là-dessus qu’il faut travailler. J’appelle par ailleurs le gouvernement à introduire l’amnésie traumatique dans la loi. Parce que moi, j’ai oublié pendant des années, complètement oublié. Le cerveau se protège de ces mémoires gravissimes. Mais un jour, ça ressort. Cela peut être 20 ans après, 30 ans après… Quand il y a trois femmes contre un même agresseur, je veux bien qu’il y en ait une qui soit folle. Mais quand il y en a vingt… à un moment donné, il faut arrêter", a déclaré Sarah Abitbol.
"C’est dramatique, l’omerta qu’on a pu vivre"
Sarah Abitbol remet-elle en cause sa fédération ? "Je remets en cause le fait d’avoir essayé de parler, d’avoir dénoncé cet agresseur. Et à chaque fois, je retombais dans le silence parce que je n’étais pas écoutée. J’avais l’impression que j’avais mal aux genoux, j’avais un petit problème, une blessure. Alors que c’était quand même assez facile de convoquer cet entraîneur et le mettre de côté. Et il a été mis de côté par le ministère, par Marie-George Buffet à l’époque, et il a ensuite été réinstallé à la fédération pour partir en équipe de France junior. Donc, c’est dramatique, l’omerta qu’on a pu vivre. Je n’y arrive plus, je ne peux plus patiner. Il y a quelque chose de cassé, et je ne comprends pas pourquoi."
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🗣️ Sarah Abitbol "On est dans la honte et la culpabilité. J'ai moi-même voulu mourir en 2004. J'aimerais dire aux victimes qu'on s'en sort !" #PPDA📺https://t.co/7MhNAdtyux pic.twitter.com/dDPiFBDnYl
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Sarah Abitbol se voit-elle parler à son agresseur ? "C’est encore impossible pour moi. J’avais déjà du mal à peser les mots et parler avec Emmanuelle lors de cette écriture. Non, c’est impossible." L’affrontera-t-elle au cours d’un procès ? "S’il y a une victime récente, non prescrite, qui parle, on sera rattaché à cette victime, et on participera à ce procès. Sinon, il y a la prescription."
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