Jessy est brigadier-chef. Samedi, il était en première ligne place de l’Étoile. Il reste encore très marqué par ces scènes de guérilla urbaine : "C’est la première fois que je faisais face, en 20 ans de service, à une telle violence. On a subi plusieurs attaques au tir de mortier, des lancers de boules de pétanque, de bombes agricoles, des bancs publics, des extincteurs… Les tirs de mortiers se faisaient à 20 mètres de nous..."
Jessy, comme les autres CRS mobilisés samedi, a eu deux jours de repos cette semaine. "J’ai pu retrouver ma famille, ce qui fait un grand bol d’air. Ça nous permet de nous sortir un peu la tête de tout ça et de reprendre une vie de famille tout à fait normale."
Mais ce soir, c’est retour sur la capitale. Jessy s’attend à une journée très tendue. De nombreux messages circulent sur les réseaux sociaux et certains casseurs pourraient être armés : "C’est sûr que ça fait peur, je ne vous le cache pas, si demain, on se retrouve face à des gens qui sont armés. Maintenant, il ne faut pas qu’ils oublient que nous, on a un travail à faire, nous sommes les garants de la République. Et le boulot, on le fera jusqu’au bout."
Ces dernières semaines, la violence est montée crescendo. Les forces de l’ordre sont désabusées et fatiguées. "On est quand même arrivé à des incendies de bâtiment avec des gens à l’intérieur, des incendies de véhicules… On n’est pas des machines, on reste des hommes. Donc l’état de fatigue se généralise, c’est une certitude."
Demain, les effectifs de police vont être renforcés dans la capitale. Il devrait y avoir plus d’un policier pour deux manifestants.
Propos recueillis par Clément Bargain pour Sud Radio