Une semaine après avoir soulevé le globe de N.1 mondiale, Federica Brignone s’est gravement blessée lors des Championnats d’Italie de ski alpin et a été opérée dans la soirée de jeudi d'une double fracture de la jambe gauche, ce qui va, au minimum, perturber sa préparation pour les JO-2026 à domicile.
Depuis son retour de Sun Valley, aux Etats-Unis, où elle a remporté la semaine dernière pour la deuxième fois de sa carrière le classement général de la Coupe du monde, Brignone, 34 ans, est célébrée par l'Italie.
Une piste de ski porte même désormais son nom à Courmayeur, non loin du chalet familial de La Salle, dans le Val d'Aoste.
Mais dans une discipline à risques comme le ski alpin, les gouffres ne sont jamais loin des sommets. Et l'Italie a retrouvé jeudi à la mi-journée "Fede" en larmes dans une civière, avant son évacuation en hélicoptère vers un hôpital.
Alors qu'elle disputait sa dernière course de l'hiver, Brignone, épargnée jusque-là par les graves blessures qui émaillent et cisaillent les carrières des skieurs de haut niveau, a lourdement chuté sur le domaine de l'Alpe Lussia dans le Val di Fassa (nord-est).
En tête après la première manche du slalom géant, elle a percuté sur le second tracé une porte de plein fouet et a été propulsée violemment sur la piste, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
- "Parfaitement réussie" -

L'Italienne Federica Brignone avec le globe de N.1 mondiale le 27 mars 2025 à Sun Valley, aux Etats-Unis
Sean M. Haffey - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives
Ses skis ne sont pas décrochés et sa course n'a pris fin qu'après plusieurs cabrioles sur elle-même.
Incapable de se relever, la championne du monde 2025 de slalom géant a dans un premier temps été transportée par les secouristes en barquette jusqu'au bas de la piste.
Elle a ensuite été évacuée en hélicoptère vers l'hôpital de Trente.
Le diagnostic établi moins de deux heures après son hospitalisation est lourd: "Fracture plurifragmentaire avec déplacement du plateau tibial et de la tête du péroné de la jambe gauche", a annoncé la Fédération italienne des sports d'hiver (Fisi).
Brignone a été ensuite transférée à la clinique La Madonnina de Milan où le médecin de la Fisi, Andrea Panzeri, a décidé de l'opérer immédiatement.
"L'intervention a parfaitement réussie", a annoncé en milieu de soirée la Fisi dans un communiqué.
Durant l'intervention, les chirurgiens ont toutefois constaté que Brignone avait été aussi victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche qui "sera réévaluée dans les semaines à venir".
Si la Fisi ne donne aucune durée pour sa convalescence, son chirurgien avait prévenu avant l'opération qu'"elle ne sera pas rapide": "On parle en mois".
Sa compatriote et grande rivale Sofia Goggia, victime d'une double fracture tibia-malléole de la jambe droite en février 2024, avait elle mis six mois pour remonter sur les skis.
- Dix victoires cet hiver -
Au sortir d'un hiver qu'elle avait dominé en produisant sans doute le meilleur ski de sa carrière, Brignone était présentée avant sa grave blessure comme la grande favorite des épreuves féminine de ski alpin des JO-2026 de Milan Cortina (6-22 février 2026) où elle vise le seul titre qui manque à son palmarès.
Lors de la saison 2024-25, la Valdotaine, parfaitement francophone, a signé dix victoires sur le circuit mondial, dont ses deux premières en descente, pour porter son total à 37 succès, record pour une skieuse italienne.
Elle s'est offert le globe de N.1 mondiale, pour la deuxième fois après 2020, ainsi que les globes de descente et de géant.
En plus du titre mondial en géant, elle a remporté la médaille d'argent en super-G lors des Mondiaux-2025 de Saalbach (Autriche).
Tout l'hiver, son casque où elle a fait peindre la tête d'un tigre, a fait la course en tête: "C'est un animal qui n'abandonne jamais, qui, même blessé, se relève et essaie de se battre jusqu’au bout", expliquait-elle.
Skieuse de tempérament, Brignone va avoir plus que jamais besoin de cet esprit du tigre. "Elle saura réagir, comme tous les grands champions", a assuré le docteur Panzeri.
Par Jérôme RASETTI / Rome (AFP) / © 2025 AFP