Relations diplomatiques avec l'Algérie, guerre en Ukraine, RSA : Fabien Roussel a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.
Algérie : "ce n'est pas à M Retailleau de traiter ces sujets"
La France doit-elle durcir le ton face à l'Algérie ? Selon Fabien Roussel, "au départ il y a un acte odieux, terroriste, qui a coûté la vie à un homme à Mulhouse par une personne déséquilibrée, renseignée comme dangereux, que la France a voulu expulser dix fois vers l'Algérie sans succès." Cependant, il "regrette que suite à cet acte le doigt soit pointé vers l'Algérie sans prendre en compte que dans notre pays il y a un problème de radicalisation, de psychiatrie, qui fait qu'il y a un problème d'insécurité qui se pose. C'est là-dessus que la France devrait plutôt travailler." "Si Monsieur Retailleau pense qu'on va régler ces problèmes d'insécurité par un rapport de force avec l'Algérie, ce n'est pas un moyen de régler les choses en France." "Ce n'est pas la première fois qu'il y a un attentat de ce type", continue-t-il. "Comment on lutte contre la radicalisation ?"
Tensions France-Algérie : "Ce n'est pas à @BrunoRetailleau de traiter ces sujets... Il se prend pour qui ?" lance @Fabien_Roussel pic.twitter.com/JmKj5CZHdK
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Fabien Roussel précise toutefois "qu'un pays refuse un de ses ressortissants qui est expulsé par un autre pays ce n'est pas acceptable". En revanche, selon lui, "trop d'OQTF tue l'OQTF. Il y en a tellement que 10% seulement sont réalisées." Fabien Roussel est "plutôt sur la ligne de Monsieur Barrot qui dit que c'est un problème de diplomatie." Mais il ne faut pas réduire le nombre de visas accordés. "Cette proposition a déjà été mise en œuvre, elle n'a pas fonctionné." La question est celui lui "comment nous arrivons à nous faire respecter." "C'est une question de relation diplomatique, ce n'est pas à Monsieur Retailleau de traiter ces sujets. Qu'il laisse le président de la République et le ministre des Affaires étrangères traiter ces choses-là."
"L'Algérie s'est sentie maltraitée par les déclarations de Macron sur le Sahara occidental. Peut-être que ce que nous vivons aujourd'hui est une réaction à ce que Macron a dit" estime @Fabien_Roussel pic.twitter.com/TzvR5zWxFQ
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Fabien Roussel appelle à traiter les relations avec l'Algérie avec plus de mesure. Il affirme notamment que le choix d'Emmanuel Macron de reconnaître une partie du Sahara comme appartenant au Maroc plutôt qu'à l'Algérie "a été vécu comme un coup de poignard par l'Algérie." "Peut-être ce que nous vivons aujourd'hui est une réaction. Le président de la République doit avoir le courage de mettre tout sur la table." "Nous avons des relations commerciales importantes avec l'Algérie. Nous exportons énormément de blé, de boeuf. Essayons d'avoir des discussions franches, n'opposons pas les deux peuples qui ont des relations importantes entre eux."
"L'OTAN est une alliance qui nous conduit à la guerre"
Au Salon de l'Agriculture, Fabien Roussel a abordé les problèmes des agriculteurs. Il a conclu sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne. Il a ainsi affirmé que "le problème ce n'est pas Trump." En revanche, "l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne n'est pas une bonne chose. Nous l'avons dit, affirmé, l'Union européenne est un territoire où les peuples sont mis en concurrence les uns avec les autres." Fabien Roussel rappelle par ailleurs que "l'Ukraine fait partie des pays les plus corrompus au monde. Les commissaires européens disent que ce sera très très long de faire entrer l'Ukraine dans l'Union européenne." "Je veux que cette guerre soit négociée avec les Européens d'abord. Je regrette que Trump se comporte en businessman qui échange la paix contre des minerais. Ce qu'il faut c'est que la France reprenne la main, faire en sorte que la France et l'Europe soit des acteurs de cette paix."
"Trump se comporte en businessman, il échange la paix contre des minerais ! (...) La France doit reprendre la main. J'ai demandé à Emmanuel Macron de parler aussi avec Poutine, pour que la France devienne un acteur de la paix" indique @Fabien_Roussel pic.twitter.com/g9ri40S5Qn
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Au-delà de la guerre en Ukraine, pour la politique internationale sur le long terme, "la France doit travailler à un nouveau traité de sécurité commune. L'OTAN est une alliance qui nous conduit à la guerre." Le bouclier nucléaire "doit rester national d'abord". Cependant, "la France ne doit pas partager le bouton de déclenchement de l'arme nucléaire." Fabien Roussel estime que "nous avons besoin de travailler à un traité de sécurité de l'Atlantique à l'Oural. Nous devons travailler un autre traité, de sécurité collective, comment nous désamorçons les conflits et les tensions sur le continent européen."
"Il faut un nouveau traité de sécurité commune en Europe, indépendant de l'OTAN, de l'Atlantique à l'Oural. (...) Mais la France ne doit pas partager le bouton de l'arme nucléaire" déclare @Fabien_Roussel pic.twitter.com/m8ft9y27Wg
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Il cite en exemple l'accord d'Helsinki qui "nous a permis de sortir de la guerre froide et de désamorcer les conflits avec l'URSS de l'époque. Il faut réussir à ressortir ce contrat d'Helsinki." "Les armées doivent être nationales, elles doivent pouvoir coopérer entre elles. Je ne vois pas comment il pourrait y avoir une armée européenne. Les armées sont nationales, elles travaillent ensemble, il faut un objet politique pour organiser les moyens de désamorcer les conflits en Europe."
Il faut que "plus personne ne survive du RSA"
Fabien Roussel sort un nouveau livre, Le Parti pris du travail, le 24 avril prochain, où il détaille comment supprimer le RSA. Il y explique qu'il "combat le revenu universel" et qu'il veut que "plus personne ne survive du RSA" car "c'est indigne de notre pays." "Je préfère garantir à chacun un travail. Le plein emploi ça doit être ça, éradiquer le chômage dans notre pays." Fabien Roussel affirme que supprimer le RSA est possible car "il y a besoin d'embaucher". Cependant, "si l'économie de marché c'est d'être obnubilé par des marges à 10,15%, cette économie-là il faut la réguler." "On est face à des Chinois, on est face aux Américains qui subventionnent leur économie. Je souhaite travailler pour permettre à chaque Français qu'il ait une offre d'emploi avec un salaire, planifier l'économie. Il y a 200 milliards d'euros d'aide publique aux entreprises sans contrepartie !"
"L'objectif, c'est zéro chômeur. Tous les Français en formations seront payés au niveau du SMIC et auront un emploi garanti, dans le privé ou dans le public" propose @Fabien_Roussel pic.twitter.com/tnEnXK5mrI
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Fabien Roussel explique que "il y a plein de gens qui demandent à être formés." Néanmoins, "on ne peut pas envoyer des gens en formation avec 700 euros de revenus." "La question c'est d'être ou au travail, ou en formation." "Nous voulons un salaire au minimum au SMIC pendant la période de formation." Ensuite, "il doit y avoir un service emploi qui propose obligatoirement un emploi adapté à la formation." "Je dénonce le système économique français qui laisse des entreprises partir à l'étranger et derrière distribue du RSA, je souhaite que l'on redéveloppe l'industrie dans notre pays." "J'ai une ambition pour mon pays, il y a 800 000 jeunes qui sortent de l'école tous les ans, je propose qu'aucun de ces jeunes qui sortent de l'école ne se retrouve sans travail, qu'on leur garantisse un emploi. Je souhaite un pacte pour la France, pour la jeunesse, pour le travail."
Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin
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